Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Le crépuscule du matin

Préface au livre Les certitudes irrationnelles du Docteur A. Cuénot, Éditions Planète 1967.
Un chef-d’œuvre achevé, cela impose le respect. Même M. Kossyguine le comprend, qui consacre six minutes de sa vie à contempler la Joconde. Il est vrai que Vinci consacra quatre ans de la sienne à la peindre. Quatre années de méditation, pinceau en main, devant un visage de femme: qu’est-ce donc qu’un visage? Mais qu’est-ce plutôt qu’un homme?

Léonard, qui était Léonard, a pu scruter le mystère d’un sourire pendant quatre révolutions solaires. Qui donc est dans le vrai, de lui ou de nous qui regardons sans les voir tous ces sourires vénaux acharnés à nous vendre leur dentifrice? Lire l’article

Vers une méta-logique

Préface du livre de Jacques Vallée Le collège invisible, Albin Michel, 1975
Le nouveau livre de Jacques Vallée a le goût de ces cauchemars dans lesquels on voit grandir une menace que rien ne peut arrêter ni détourner: un goût de fatalité et de déjà vu.

Ce qu’il nous décrit, c’est en effet le lent basculement d’une civilisation, se développant dans l’indifférence générale. À mesure qu’on le lit, des souvenirs historiques reviennent en mémoire: la fin de la Grèce, la fin de Rome, la fin du Christianisme médiéval. On me permettra d’ajouter quelques arguments à son magistral exposé: Lire l’article

Requiem pour des Chimères Très Anciennes

Préface du livre de Bertrand Méheust, Science-Fiction et Soucoupes Volantes, Mercure de France, 1978,
et Terre de Brume, 2007.
Vraiment, les temps ont changé. Est-il encore possible, en 1978, d’imaginer la solitude de ceux – ils se comptaient alors dans le monde sur les doigts d’une main – qui, réfléchissant il y a trente ans, après leurs premières enquêtes, reportaient leur regard sur le monde intellectuel où ils baignaient et lui trouvaient soudainement l’air d’un très vieux rêve évanoui depuis longtemps? Beaucoup de lecteurs de Méheust, peut-être même chez les ufologues, vont éprouver ce sentiment unique que nous connûmes alors, de découvrir qu’ils vivent dans un monde périmé. Ils vont sentir le sol se dérober. Méheust montre en effet que l’ovni destructeur est apparu dans l’esprit de l’homme par au moins deux voies contradictoires et indissociables. Par la fiction d’abord, puis par l’anti-fiction. Lire l’article