Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Voici pourquoi nous avons la passion de l’inexpliqué

Avant de dire pourquoi le témoignage de Pitigrilli me semble digne d’être publié ici, je voudrais expliquer également en quoi il justifie notre sigle de prudence. Il ne s’agit nullement de méfiance. Il s’agit de méthode. Les prouesses attribuées à Rol ont en effet, avec les autres prodiges familiers à la parapsychologie, ceci de commun que l’on peut presque tous les mettre en parallèle avec d’autres prouesses dûment constatées et contrôlées par les témoins les plus dignes de foi et les plus compétents, et aussi avec ces faux prodiges, réalisés par des trucages d’une habileté presque aussi incroyable que le prodige lui-même. Lire l’article

Les rêves sont plus nécessaires que le sommeil

Depuis qu’il y a des hommes et qui rêvent, cette énigmatique activité nocturne de la pensée n’a guère inspiré aux hommes de science, quand ils sortaient du domaine de l’observation objective, que de brumeuses rêveries. Cette situation a duré jusqu’aux premières publications (en 1952) du grand physiologiste américain Nathaniel Kleitman, professeur à l’université de Chicago. Lire l’article

Rencontre à Carthage

Préface au livre L’astrologie devant la science de Michel Gauquelin, Encyclopédie Planète
Il est plus aisé d’édifier un système philosophique ou d’adhérer à une religion que d’y conformer sa vie, et de donner à la quête du dimanche que d’atteindre à travers mille épreuves lentement surmontées les derniers degrés des états d’oraison. Une sorte de crédulité floue et jamais étudiée de face fait la fortune des tireurs d’horoscope. Tel qui se pique de rationalisme ne manque jamais, en parcourant son journal, de jeter un coup d’œil mi-ironique mi-anxieux sur la promesse quotidienne de son signe, rejetant dans la pénombre commode de son inconscient la question de savoir si vraiment les astres déterminent son destin. Lire l’article

Marx, Keynes et Kafka chez les bêtes

Elle est décidément bien morte, la zoologie des chasseurs de papillons et des collectionneurs de scarabées. À l’ère des ondes spatiales, on ne chasse plus: on observe. Et ce que l’on voit donne parfois le frisson. En parcourant l’admirable album que notre ami Jacques Lecomte vient de publier chez Hachette , et bien qu’il n’y soit question que d’araignées, de poissons, de termites, d’oiseaux, c’est la précarité, la relativité et tout le mystère de l’intelligence humaine dans le monde que l’on découvre peu à peu. Toutes nos techniques sociales existent en effet chez les bêtes et surtout chez celles qui peuplent l’Univers géant si poétiquement décrit par Samivel: les insectes. Lire l’article

Les tribulations d’un chercheur parallèle

Je vais dire comment on se damne et quel sentiment pousse certains hommes vers les ténèbres extérieures. Ce sentiment, c’est la curiosité. Je sais un généticien français qui, comme la plupart des généticiens curieux des mécanismes de l’évolution biologique, fait de la génétique des populations en étudiant (là encore comme la plupart de ses collègues) la mouche du vinaigre, la fameuse drosophile. La génétique des populations consiste essentiellement à étudier par la statistique l’évolution d’un groupe d’êtres vivants sujets à des mutations. Dans la théorie néodarwinienne, qui est le dogme actuel de l’évolution biologique, tout se fait par mutation, sélection et hasard. Si l’on ne croit pas cela, on est damné. Lire l’article