Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

J’ai vu à l’œuvre le clairvoyant Gérard Croiset

Pour visiter un laboratoire de parapsychologie, il faut d’abord s’expatrier. Aller, par exemple, à Fribourg-en-Brisgau, chez le professeur Bender, directeur du laboratoire de parapsychologie de l’université de cette ville, ou à Utrecht, chez le professeur Tenhaëff, le spécialiste des «clairvoyants». C’est chez ce dernier (que je connais depuis longtemps) que j’ai rencontré récemment, pour la première fois, Gérard Croiset, le plus célèbre de tous les «clairvoyants». Lire l’article

Le fusil de Maeterlinck

Quand Maeterlinck écrivit les pages admirables que l’on va lire, vers les années 1920, il trouva, certes, des lecteurs, toujours les mêmes, ceux qui le suivaient depuis les premiers pas de son immense voyage, depuis la Vie des Abeilles et le Temple enseveli. Mais ces lecteurs étaient des solitaires, conduits par un solitaire.
— De quoi se mêle ce poète? demandaient les savants. Le poète à ses vers, le curé à sa sacristie, la femme à sa cuisine, et les bœufs seront bien gardés.
— Où diable l’auteur de Pelléas va-t-il chercher cette assommante érudition? opinaient les esprits distingués nourris de Paul Bourget. Qu’il nous fasse des Oiseau Bleu et des Monna Vanna, à la bonne heure! Mais l’intelligence des fleurs! Quelle sottise! Lire l’article

L’idée d’une intelligence extra-terrestre

Planète N°23 de juillet / août 1965
Voilà une dizaine d’années, on pouvait persister à croire que l’intelligence humaine était quelque chose d’unique d’un bout à l’autre de l’univers sidéral. Cette foi en valant une autre, elle s’imposa au consentement quasi universel des savants. Pour admettre qu’il pût exister d’autres intelligences dans l’espace, il fallait que deux faits physiques bien précis fussent observés par les astronomes: d’abord que les autres étoiles, ou au moins certaines d’entre elles, eussent des planètes comme le Soleil et, ensuite, que l’on eût au moins un témoignage irrécusable de vie extra-terrestre. Or, toutes les théories cosmogoniques aboutissaient à présenter le système planétaire du Soleil comme exceptionnel. D’autre part, rien ne prouvait que la vie existât ailleurs que sur la Terre. Lire l’article

La psychanalyse est-elle une science?

Si la science se définissait comme une explication des phénomènes, nul doute qu’après la lecture du somptueux ouvrage posthume de Carl G. Jung: L’Homme et ses symboles (éditions du Pont-Royal), on pencherait à donner à cette question une réponse affirmative. Du moins dans le premier mouvement. La psychanalyse (et surtout celle de Jung, infiniment moins étriquée et obsessionnelle que celle de Freud) a indubitablement inventé, de l’homme vu par l’intérieur, une image plausible et les mots pour l’exprimer. Lire l’article

De quoi vous mêlez-vous, M. Samivel?

J’étais seul l’autre soir à la salle Pleyel, seul parmi les 2’700 inconnus venus, comme moi, vous entendre et voir votre film, l’Or de l’Islande. Je dus me colleter avec l’ouvreuse pour obtenir la place retenue. On refusait du monde à l’entrée. Et c’était, paraît-il, le quatrième ou cinquième soir que vous vous livriez à cette provocation.
Je dis que c’était une provocation, car vous êtes, Monsieur Samivel, un homme scandaleux. Votre film n’est ni un film, ni une conférence, ni rien dont on puisse confier l’analyse à un mandarin hautement spécialisé, chargé de le disséquer selon les règles et de le classer dans un fichier ad hoc. Vous n’intéressez pas les mandarins, et ce n’est que justice. Voici en effet la scène incroyable que j’ai pu observer de mes yeux au milieu de votre «chose» qui n’est ni un film ni une conférence. Lire l’article