Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Petit traité de méditation

Chronique parue dans la revue Atlas Air France n°76 d’octobre 1972
On me demande souvent comment je m’y prends pour méditer (car il est bien évident, n’est-ce pas, que pour dispenser autour de moi tant d’idées intéressantes, piquantes, profondes, il faut que je possède une merveilleuse technique de méditation).
D’abord, un soleil accablant est indispensable. Les peuples du Nord seront déçus en apprenant cela. Tant pis pour eux. C’est bien fait. Lire l’article

Le bon vieux temps

Chronique parue dans la revue Atlas Air France n°77 de novembre 1972
J’adore les enfants. Leur logique, qu’ils n’ont pas encore émoussée aux écueils de la vie, est sans défaut. Ils sont capables de la pousser dans ses extrêmes limites. Voilà pourquoi j’adore ces chers trésors, moi qui ai toujours eu la passion des beaux raisonnements. Lire l’article

Le train des artichauts

Chronique parue dans la revue Atlas Air France n° 72 de juin 1972
«Mon bon Diogène, remerciez-moi. Voilà un an que j’étudie votre cas. Il est très clair. Non seulement je peux vous dire ce qui brinquebale là-dedans (l’index de mon interlocuteur vissa dans sa tempe un écrou invisible), mais je sais comment vous améliorer. Lire l’article

La gloire en brouette

Chronique parue dans la revue Atlas Air France n° 73 de juillet 1972
Le premier avantage d’un tonneau, j’entends, quand on y vit, c’est de n’avoir pas de chambre d’amis: on peut donc les inviter impunément, ils ne viennent jamais. Lire l’article

Lettre à un homme périmé

Permettez-moi, monsieur, de vous le dire: vous avez parfaitement raison.
Il est bien vrai que cet ancêtre vieux de deux cent mille ans découvert récemment par un préhistorien dans le midi de la France, pétrifié au fond d’une grotte, n’était, comparé à vous, qu’un pauvre homme.
Il se déplaçait à pied. Il n’avait ni le téléphone ni la télévision. Il n’avait lu ni Chomsky ni Lacan. Et même, hélas! il se passait ignominieusement de papier hygiénique.

Bref, cet ancêtre nous fait honte, et l’on se demande pourquoi les préhistoriens sont si heureux de l’avoir trouvé. Lire l’article