Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

La gnose de Princeton ou la Science remise à l’endroit

Le livre de M. Raymond Ruyer, la Gnose de Princeton, publié fin 1974, fait événement. Il révèle la formation, dans les milieux de la pensée scientifique avancée américaine, d’un nouveau courant religieux. Religieux autant que scientifique. Sous une forme hautement élaborée par des physiciens, astronomes, cosmologistes et biologistes de Princeton et de Pasadena, c’est, en quelque sorte, l’aboutissement d’une pensée qui se trouvait à l’état naissant dans «Planète» des années 1961-65. Lire l’article

La prophétie fossile, méditation

On peut se demander pourquoi l’affirmation la plus fantastique de la science contemporaine, à savoir que l’univers a commencé il y a une quinzaine de milliards d’années, n’a jusqu’ici suscité aucune réflexion approfondie, aucune pensée originale, et pourquoi on n’en trouve pour ainsi dire pas trace chez les philosophes. Lire l’article

Le Grand Dessein ou une nouvelle vision de l’Homme dans l’univers

Je me suis levé du bureau où je travaillais et je suis allé m’appuyer à la fenêtre. En bas, sous mes yeux, coule une fontaine. Au-delà jaunissent les prés de cet étrange hiver sans neige. Au-delà, c’est la montagne. C’est enfin, à cinquante-cinq ans, octroyés par un hasard longuement sollicité, le silence, la solitude, la liberté.

Dans cette solitude, le bruit de la fontaine est un symbole: j’entends, à travers lui l’énorme et infatigable écoulement des choses, toutes les paroles que les hommes échangent en ce moment sur la boule ronde, à travers les continents qu’éclaire le Soleil, notre étoile. Des autres continents surplombés par la nuit, j’écoute monter la mystérieuse cohue de leurs rêves. Rêves et paroles ininterrompus depuis le crépuscule animal d’où nous sommes lentement sortis, il y a deux ou trois millions d’années. Lire l’article

Vers une méta-logique

Préface du livre de Jacques Vallée Le collège invisible, Albin Michel, 1975
Le nouveau livre de Jacques Vallée a le goût de ces cauchemars dans lesquels on voit grandir une menace que rien ne peut arrêter ni détourner: un goût de fatalité et de déjà vu.

Ce qu’il nous décrit, c’est en effet le lent basculement d’une civilisation, se développant dans l’indifférence générale. À mesure qu’on le lit, des souvenirs historiques reviennent en mémoire: la fin de la Grèce, la fin de Rome, la fin du Christianisme médiéval. On me permettra d’ajouter quelques arguments à son magistral exposé: Lire l’article

L’énigme des rêves lucides

Le premier des mystères, c’est: pourquoi y a-t-il quelque chose, plutôt que rien? Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là, en train de penser? Ces deux grandes interrogations expriment la relation de l’homme avec l’absolu. Je plains ceux dont elles ne traversent pas l’esprit au moins une fois par jour, car il ne leur sert à rien d’être hommes. La condition de salade leur conviendrait tout aussi bien. Lire l’article