Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Les «nouveaux» philosophes entre le goulag et la ciguë

Si j’en avais la patience, j’écrirais un gros livre sur l’idée suivante, qui me plaît beaucoup, quoique pas plus que quelques autres tout aussi plausibles: tous les grands événements depuis la fin du XVIIIe siècle ont pour cause unique la pomme de terre.

Sans la pomme de terre, on aurait continué de crever comme des mouches dans les campagnes d’Europe. La révolution industrielle en Angleterre n’aurait pu puiser la foule de ses ouvriers dans les familles paysannes exsangues. La France n’aurait pas disposé d’innombrables soldats de l’An II. Napoléon aurait écrit (en vers) l’épopée qui manque à notre littérature. Lire l’article

Physique de l’an 2000, métaphysique d’il y a 2000 ans – une véritable nouvelle philosophie

Socrate, avons-nous appris, «fit descendre la philosophie du ciel sur la terre». C’est-à-dire qu’ayant proposé l’homme comme «mesure de toutes choses», la sagesse, après lui, prit l’homme pour premier objet. Souvent comme unique objet.

Ô Socrate à la bouche d’or! Il n’a rien écrit, et pourtant, deux millénaires et demi plus tard son précepte reste fidèlement reçu: l’homme, l’homme, toujours l’homme, même quand c’est pour le détruire, ou s’imaginer qu’on le détruit, ou qu’on le restitue au «monde minéral» comme Lévi-Strauss. Oublions le nom du sage contemporain auteur de cette forte parole: «la Nature m’emm…». Lire l’article

Telles sont les questions fondamentales…

J’avais en tête, au moment de me mettre à cet article, de démontrer que la fin du monde, on sait ce que c’est: cela s’est produit déjà une fois.

Une fois déjà, la science a établi son triomphe sur les esprits, réduisant à de vagues survivances la religion, les mœurs, le respect des liens sociaux, le bonheur d’être ensemble, révélant au regard effrayé de l’homme l’immensité de la nature, l’indifférence complète de ses lois, l’absurdité de l’humaine condition, la faillite de la raison à fonder une morale et à fournir une raison de vivre. Tout cela, les Grecs et les Romains cultivés du Moyen et Bas-Empire l’ont connu et bu jusqu’à la lie. Lire l’article

Le mystérieux chef-d’œuvre de Giulio Camillo

J’ai toujours rêvé de voir et, surtout, de voir de près et de toucher et retourner dans mes mains un objet magique. Par exemple l’un de ces miroirs dont parle Jamblique dans ses Mystères d’Égypte et qui, à l’en croire, auraient été de son temps chose tout ordinaire, montrant le futur, le passé, les trésors cachés, et si vous êtes cocu.
Ou bien la «tête parlante» de saint Vincent de Paul, que le saint avait, de ses mains, fabriquée à Rome, chez le pape, et qui produisait les mêmes prodiges que les miroirs de Jamblique. Le pape et les cardinaux en auraient été émerveillés. Moi aussi, si j’avais pu la voir et la tripoter un peu, chez moi, dans un coin bien abrité des tours de ventriloquie ou autres. Lire l’article