Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

L’épée de Damoclès

Arts et Métiers de mai 1980
Haroun Tazieff inspire le respect et, sauf chez les cuistres, l’amitié.
Il inspire le respect pour sa compétence professionnelle et son flair inégalé. Le flair compte autant que la science quand on fréquente les phénomènes étrangement vivants de la croûte terrestre. Le diable sait comment il s’y prend, mais quand Haroun Tazieff fait une prévision, il se trouve qu’il a presque toujours raison, et parfois contre tout le monde. Les exemples sont dans toutes les mémoires. Lire l’article

Repos du corps ou tourment de l’esprit

Arts et Métiers de juin 1980
Ceux qui comme moi (et ils sont encore nombreux) sont nés au lendemain de la première guerre mondiale au fond d’une vieille ferme, qui ont ensuite parcouru tout le cursus universitaire, puis passé leur vie parmi les classes supposées motrices de la société, ceux-là peuvent se flatter d’être les hommes les plus vieux qui aient jamais vécu sous le soleil. Enfoncé, Mathusalem! Ils sont, selon un calcul élémentaire, quatre ou cinq fois plus âgés que le patriarche. Lire l’article

L’interféromètre et le philosophe

Les progrès accélérés de l’interféromètre et de l’ordinateur vont, au cours de ces prochaines années, faire entrer dans la science une des plus vieilles et lancinantes questions philosophiques = sommes-nous seuls?
Le soleil n’est qu’une étoile très banale. Il y en a des dizaines de milliards comme lui dans la galaxie. Les galaxies elles-mêmes sont innombrables. La présence de corps satellites orbitant autour de toute masse un peu importante est, elle aussi, un fait banal = non seulement le soleil a des planètes, mais la plupart des planètes ont des satellites, souvent nombreux. Lire l’article

L’énigme d’être

Question DE. No 37. juillet-août 1980
Pour la première fois depuis Galilée, la science, devenue en quatre siècles de plus en plus complexe et ésotérique, offre à la méditation profane ce qui pourrait devenir son nouveau principe fondamental ou, comme le disent plusieurs, «son nouveau paradigme». Il s’agit du théorème de Bell, dont j’ai déjà parlé ici. D’une part, en effet, ce théorème est salué comme «la plus profonde découverte de la science». Et d’autre part, il se réduit à un raisonnement d’une géniale simplicité, ne requérant pour être compris aucune connaissance de physique. Lire l’article

Le théorème de Bell (Question DE.)

Si l’on croit que l’univers «va quelque part», autrement dit, si l’on croit en une Providence, il n’est pas interdit de tenir l’explosion des moyens de communication de masse pour une sorte de divine ruse: plus que jamais, aujourd’hui, derrière le fracas quotidien de cette explosion, l’histoire s’avance, masquée. Les vrais événements passent inaperçus, ce qui arrive cache ce qui est. La preuve? Nous vivons dans un monde entièrement artificiel né d’un certain nombre d’inventions et de découvertes, c’est indiscutable; cependant, remontez l’histoire jusqu’à ces découvertes et inventions: vous n’en trouverez nulle trace à la date où elles eurent lieu, ni même, le plus souvent, dans les années qui suivent. Lire l’article