Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

L’illumination ou l’œil de l’esprit

La Revue du 3e Millénaire, ancienne série No 6, janvier-février 1983
Le serpent qui glisse vers sa proie, si soudain celle-ci vient à disparaître, c’est-à-dire si elle cesse d’être perçue par aucun de ses sens, qui sont très différents des nôtres, aussitôt sa poursuite cesse et il s’en va vers d’autres chasses. La proie peut n’être que cachée, toute proche, éperdue d’effroi. Cependant, si par aucun de ses sens, le serpent ne la perçoit, c’est comme si elle avait cessé d’être. Pour le serpent, ce qui n’est pas perçu n’existe pas. Lire l’article

Le MOT de CAMBRONNE ou deux Mythes de la Liberté

«L’art d’empêcher les gens de s’occuper de ce qui les regarde»: telle est la politique d’après quelqu’un qui y avait un peu réfléchi, Et un autre qui ne s’y connaissait pas mal non plus, Louis XIV «Tout l’art de la politique est de se servir des conjonctures.» Suis-je une conjoncture? On me permettra de supposer que non. Que l’on me le permette ou non, c’est d’ailleurs le même prix. De plus, je prends sur moi de m’occuper de ce qui me regarde. Comment m’en empêchera-t-on? Tout ce que vous pourrez faire, pour m’en empêcher, c’est de me tuer. Bon. Et quoi de plus? Lire l’article

La Mascarade des Siècles

Deux personnages hors du commun, prophétiques et visionnaires Descartes et Cyrano de Bergerac. C’est toute la différence qui sépare ceux qui savent et ceux qui voient.

«Je m’avance masqué», annonçait la devise de Descartes. Masqué pour cacher quoi? Question sans réponse si c’est à ses pensées secrètes que l’on songe, puisqu’il est mort sans les dévoiler. Mais aussi question vaine, car ce qui s’avançait sous le masque de Descartes, lui-même l’ignorait. Plus de trois siècles après sa mort, nous pouvons l’affirmer sans présomption. Descartes a formulé le cadre jusqu’ici inébranlable de la science: les trois dimensions de l’espace, plus le temps. Et cependant, il a cru et écrit que la nature aurait livré son dernier secret dans quelques générations. Il y a là un paradoxe très profond qui est peut-être l’essence même de l’histoire. Lire l’article

Le sein ou l’œuf

Il est très facile de comprendre (mais très difficile d’imaginer) que le fantastique est à notre porte. Je veux dire le fantastique historique, se manifestant par du jamais vu, du jamais survenu dans l’histoire, et même plus loin dans le passé. Facile de comprendre: en effet, quelque processus évolutif que l’on considère, important ou non, ce processus, éventuellement aussi ancien que l’homme va devoir dans les dizaines d’années qui viennent soit changer, soit s’arrêter. Pour la première fois dans notre histoire se dresse devant nous le concept de limite infranchissable autrement que par un changement essentiel de notre nature. Lire l’article