Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Les singes et moi

Atlas Air France n° 80 de février 1973
«Madame, vous me demandez aimablement pourquoi je ne m’en vais pas avec les singes. Il faut choisir, dites-vous. Être un homme et accepter la civilisation, ou une bête et regrimper dans l’arbre. Je ferais, affirmez-vous, un singe très présentable. Vous iriez même, si je faisais don de ma personne à un zoo, jusqu’à me porter des cacahuètes, à condition toutefois que je me conduise convenablement et que je fasse rire les enfants. Lire l’article

Je vais au prêche…

Atlas Air France n° 79 de janvier 1973
On ne fréquente pas assez le monde. Tenez, par exemple, moi, dans mon tonneau, à force de ne fréquenter que moi-même, je finirais par me faire des hommes une image erronée. Je finirais, oui, par les croire tous bons, sensés, généreux, distingués, enfin tels que je suis moi-même en dépit des jaloux. Et comme la fréquentation des gens distingués, généreux, sensés et bons est infiniment ennuyeuse, je finirais par sombrer dans la mélancolie. Lire l’article

La science et les coups de pieds

Atlas Air France n°91 de janvier 1974
Archiloque et moi allions méditant par les rues et les places, indifférents à la cohue de la ville.
«Parle-moi sans détour, me dit-il soudain. Toi qui as un esprit subtil, où penses-tu que vont les coups de pied au derrière qui se perdent?» Lire l’article

Pauvre Archiloque

Atlas Air France n°87 de septembre 1973
«Ouvrez la bouche. Tirez la langue. Dites 33.»
L’homme de l’art reposa son stéthoscope et me demanda de quoi au juste je me plaignais.
«Je suis, lui dis-je, fatigué. Lire l’article

L’Automibole

Atlas Air France n°92 de février 1974
L’automibole est cet engin à pétrole dont on parle tant depuis quelques mois. Et je vous le dis tout net: je n’aime pas l’automibole.
L’autre soir, Archiloque et moi méditions en silence parmi la foule, assis à même le trottoir et regardant passer le flot des automiboles affolées, lorsqu’une de celles-ci, dérapant sur l’asphalte, descendit dans le caniveau et projeta sur nos pieds nus un jet de boue noirâtre et gluante. Lire l’article