Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Quelques étranges mimétismes

La Vie des Bêtes, n°123 d’octobre 1968
J’ai passé ce qu’il est convenu d’appeler les vacances (mais quel écrivain est jamais en vacances?) à méditer sur un livre prodigieux. Prodigieux par sa science, son esprit critique, son bon sens, souvent son humour, mais surtout par sa maîtrise, par son sujet, qui est ce que la nature vivante nous offre sans doute de plus troublant: il s’agit du livre du biologiste allemand Wolfgang Wickler sur le «Mimétisme animal et végétal». Lire l’article

L’homme et l’équilibre des espèces

La Vie des Bêtes n° 51, octobre 1962
Quelle admirable adaptation à la course! s’exclame-t-on infailliblement en voyant bondir la gazelle de Thomson, une des bêtes les plus rapides du monde: elle atteint, en effet, les 80 à l’heure.
Eh oui! seulement si la gazelle est adaptée à échapper au lion, le lion, lui, est adapté à la rattraper et lui aussi atteint les 80 à l’heure. Les deux chiffres, calculés chrono en main sur les pistes des savanes avec la méthode infaillible de la poursuite en jeep, sont même curieusement égaux pour ces deux bêtes, comme s’ils avaient été réglés l’un sur l’autre. Lire l’article

Les animaux et le jeu

Revue La Vie des Bêtes n° 99, novembre 1966
Si le public savait combien de graves messieurs bardés de diplômes et comblés de crédits officiels passent le plus clair de leur temps à regarder s’amuser les bêtes, l’État devrait bientôt faire face à une grève de l’impôt. Les Allemands et les Anglo-Saxons, en particulier, semblent avoir une passion pour cette étude. Et il faut le reconnaître, le sujet est passionnant. Tout ce qu’on pourrait leur reprocher, c’est l’ennui pesant que cette aimable occupation semble leur inspirer. Étudier le jeu, apparemment, ce n’est pas drôle. Lire l’article

Quand la marmotte hiberne

La Vie des Bêtes n°54, janvier 1963
Heureuse et charmante marmotte! Avec son nez pointu, sa petite moustache fureteuse, ses minuscules oreilles rondes et son coup de sifflet strident si caractéristique, elle symbolise pour tous les enfants de la montagne, dont je suis, le moment le plus heureux de leur vie: celui où, après avoir longtemps rêvé des hauteurs contemplées du fond de la vallée, ils ont senti assez de force dans leurs jambes pour aller voir de près le royaume interdit dont les récits des chasseurs et des bergers avaient bercé leurs premiers ans. Lire l’article

L’homme à l’école de l’animal

La Vie des Bêtes, n°50, d’octobre 1962
« De la guerre et de la famine délivrez-nous Seigneur»
Cette plainte, cette double prière, certains préhistoriens pensent qu’on aurait tort de la croire aussi ancienne que l’humanité elle-même, au moins pour son premier volet, la guerre. D’après M. Nougier, les guerres n’auraient fait leur apparition parmi les hommes qu’au néolithique, il y a environ 5000 ans. Nos ancêtres n’auraient commencé à se battre entre eux que lorsqu’ils eurent inventé l’agriculture et la vie sédentaire. Lire l’article