Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

La rose-croix et la naissance de l’esprit scientifique

Il s’est passé d’étranges choses au début du XVIIe siècle. Certaines sont connues, tellement connues que peut-être elles aveuglent le regard: Kepler découvre les lois du mouvement des planètes; Galilée voit pour la première fois les satellites de Jupiter, les montagnes de la Lune, fonde la dynamique en mesurant la chute des corps; Descartes, dans son «poêle», perçoit comme en une vision les principes de la méthode scientifique et de la physique théorique. Tant d’événements extraordinaires en si peu de temps! Pour retrouver une telle explosion de prouesses intellectuelles, il faudrait remonter au temps de Thalès, à la naissance de la science grecque. Lire l’article

Les probabilités d’une vie universelle

Vers la fin de 1962, on pouvait lire un rapport rédigé par l’un des «patrons» de la Rand Corporation pour l’U.S. Air Force sur le problème général de la conquête de l’espace. L’auteur, un physicien et astronome du nom de Stephen H. Dole, refaisait une fois de plus les calculs classiques sur le nombre d’étoiles de type solaire dans la galaxie, le nombre probable des systèmes planétaires, le nombre probable des planètes où l’homme pourrait vivre [...] Lire l’article

Le Grand Dessein ou une nouvelle vision de l’Homme dans l’univers

Je me suis levé du bureau où je travaillais et je suis allé m’appuyer à la fenêtre. En bas, sous mes yeux, coule une fontaine. Au-delà jaunissent les prés de cet étrange hiver sans neige. Au-delà, c’est la montagne. C’est enfin, à cinquante-cinq ans, octroyés par un hasard longuement sollicité, le silence, la solitude, la liberté.

Dans cette solitude, le bruit de la fontaine est un symbole: j’entends, à travers lui l’énorme et infatigable écoulement des choses, toutes les paroles que les hommes échangent en ce moment sur la boule ronde, à travers les continents qu’éclaire le Soleil, notre étoile. Des autres continents surplombés par la nuit, j’écoute monter la mystérieuse cohue de leurs rêves. Rêves et paroles ininterrompus depuis le crépuscule animal d’où nous sommes lentement sortis, il y a deux ou trois millions d’années. Lire l’article

Physique de l’an 2000, métaphysique d’il y a 2000 ans – une véritable nouvelle philosophie

Socrate, avons-nous appris, «fit descendre la philosophie du ciel sur la terre». C’est-à-dire qu’ayant proposé l’homme comme «mesure de toutes choses», la sagesse, après lui, prit l’homme pour premier objet. Souvent comme unique objet.

Ô Socrate à la bouche d’or! Il n’a rien écrit, et pourtant, deux millénaires et demi plus tard son précepte reste fidèlement reçu: l’homme, l’homme, toujours l’homme, même quand c’est pour le détruire, ou s’imaginer qu’on le détruit, ou qu’on le restitue au «monde minéral» comme Lévi-Strauss. Oublions le nom du sage contemporain auteur de cette forte parole: «la Nature m’emm…». Lire l’article

Zut au zizi ou la sexualité dépassée

Depuis quelques mois, chaque soir, des millions de gens vont au cinéma dans le seul but de contempler ce que Freud appelait avec emphase la «scène primordiale», c’est-à-dire l’accouplement de l’homme et de la femme, et ses variations. D’après le critique cinématographique Henri Rabine, la presque totalité des films actuellement fabriqués par l’industrie cinématographique seraient des «pornos». L’argent dépensé et le temps passé au cinéma «porno» dépasseraient, et de loin, l’argent et le temps consacrés à la lecture. Quelle que soit la signification de ces faits, ils font réfléchir. Lire l’article