Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Raymond Ruyer: restons sceptiques!

L’article qu’on va lire ci-dessous est composé de plusieurs parties. D’abord une analyse par Aimé Michel du dernier livre de Raymond Ruyer (sorti chez Robert Laffont): «Un sceptique résolu… devant les discours intimidants». Puis la reproduction de «Hymne à Zeus» qui termine l’ouvrage de Ruyer et qui peut être considéré comme un morceau d’anthologie: toute la prière des gnostiques contemporains est là exprimée. Enfin, écrite par Aimé Michel qui a voulu s’amuser un peu, une «prière de Jonas dans sa baleine», apocryphe et hérétique (!) mais qui, comme celle de Ruyer, révèle la pensée contemporaine mieux que les théologiens, les exégètes ou les philosophes de tous bords ne sauraient le faire. Lire l’article

Telles sont les questions fondamentales…

J’avais en tête, au moment de me mettre à cet article, de démontrer que la fin du monde, on sait ce que c’est: cela s’est produit déjà une fois.

Une fois déjà, la science a établi son triomphe sur les esprits, réduisant à de vagues survivances la religion, les mœurs, le respect des liens sociaux, le bonheur d’être ensemble, révélant au regard effrayé de l’homme l’immensité de la nature, l’indifférence complète de ses lois, l’absurdité de l’humaine condition, la faillite de la raison à fonder une morale et à fournir une raison de vivre. Tout cela, les Grecs et les Romains cultivés du Moyen et Bas-Empire l’ont connu et bu jusqu’à la lie. Lire l’article

Si tu n’étais immortel… Méditation

C’est un cri perçant, continu, qui monte comme une fusée. La gorge d’où il jaillit semble infatigable. Quel être de chair est capable d’un tel cri?

De l’autre côté de la rue, dont le bas se perd dans une profondeur bleue, une fenêtre est ouverte. La profondeur bleue vibre d’une menace indéfinissable. Le cri monte toujours, de plus en plus aigu. Soudain, une femme apparaît à la fenêtre, hagarde, les bras étendus. Son visage est imprécis; on ne discerne pas ses traits, qui pourtant expriment terreur et désespoir. Sans ralentir sa course, sans cesser de crier, elle franchit la fenêtre et commence de tomber en tournoyant. La profondeur bleue l’avale, tandis que son cri monte jusqu’au ciel. Lire l’article

Le mystérieux chef-d’œuvre de Giulio Camillo

J’ai toujours rêvé de voir et, surtout, de voir de près et de toucher et retourner dans mes mains un objet magique. Par exemple l’un de ces miroirs dont parle Jamblique dans ses Mystères d’Égypte et qui, à l’en croire, auraient été de son temps chose tout ordinaire, montrant le futur, le passé, les trésors cachés, et si vous êtes cocu.
Ou bien la «tête parlante» de saint Vincent de Paul, que le saint avait, de ses mains, fabriquée à Rome, chez le pape, et qui produisait les mêmes prodiges que les miroirs de Jamblique. Le pape et les cardinaux en auraient été émerveillés. Moi aussi, si j’avais pu la voir et la tripoter un peu, chez moi, dans un coin bien abrité des tours de ventriloquie ou autres. Lire l’article

La grande diaspora

Il y a vingt, vingt-cinq ans, quand Pauwels, Bergier et moi errions comme des étrangers dans le cul-de-basse-fosse d’un monde qui nous semblait préhistorique, quand les grandes préoccupations des intellectuels français étaient de savoir si l’existence précède l’essence et si Ramadier devait être considéré comme un ennemi de classe ou comme une superstructure, nous allions répétant, pour garder le moral, la maxime d’Efremov que Bergier nous avait apprise: «La terre est le berceau de l’humanité mais on ne passe pas sa vie au berceau». Lire l’article