Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

L’espace silencieux

Question DE. No 33. novembre-décembre 1979.
Les astronomes utilisent beaucoup un petit graphique très simple appelé le diagramme de Hertzsprung-Russel (DHR) qui est certainement le dessin le plus chargé de sens jusqu’ici tracé par la main de l’homme.
Le DHR permet de voir d’un coup d’œil comment les étoiles se classent les unes par rapport aux autres quand on considère leurs deux caractéristiques principales. Lire l’article

L’énigme d’être

Question DE. No 37. juillet-août 1980
Pour la première fois depuis Galilée, la science, devenue en quatre siècles de plus en plus complexe et ésotérique, offre à la méditation profane ce qui pourrait devenir son nouveau principe fondamental ou, comme le disent plusieurs, «son nouveau paradigme». Il s’agit du théorème de Bell, dont j’ai déjà parlé ici. D’une part, en effet, ce théorème est salué comme «la plus profonde découverte de la science». Et d’autre part, il se réduit à un raisonnement d’une géniale simplicité, ne requérant pour être compris aucune connaissance de physique. Lire l’article

La main s’accroche à l’infini – Méditation

Dans le village où j’ai grandi, les mots étaient chose sérieuse et respectée. La déférence allait à qui en usait bien. C’est-à-dire peu et à propos. Dans les querelles, on s’expliquait. À la mauvaise explication on préférait le coup de pioche.
De qui tenait des propos invérifiables, on disait qu’il raisonnait. Raisonner était le propre des enfants, que l’on corrigeait paternellement de ce travers, et des riches, que leur éloignement protégeait du coup de pioche, quoique pas toujours.
Une fois par semaine, lavé, rasé, peigné, ciré et vêtu de noir, le village se rassemblait pour entendre, dans un local prévu à cet effet, des propos invérifiables, mêlés, pour préserver le respect, de propos incompréhensibles. Le personnage agréé pour tenir ces propos revêtait un costume spécial. Il parlait d’un lieu élevé, retranché derrière un garde-fou. Lire l’article

Je suis d’accord avec Pauwels sur l’essentiel, je m’explique sur le reste

Les livres et les caractères exceptionnels se reconnaissent à ce qu’ils suscitent des malentendus. Quand j’ai lu le dernier livre de Pauwels, l’envie m’a pris de lui envoyer une liste d’objections. Puis j’ai lu ce que les uns et les autres en disaient (remarquant aussi les silences…). Aucun ne disait ce que j’avais envie de dire, même pas notre commun ami, Chauvin. Quand on en est là, il faut relire et s’interroger.

Voyons. Pauwels, que je connais, et que je vois vivre depuis des lustres, avec qui j’ai discuté de tout, dont j’ai partagé le travail, les questions, les éclats de rire, les éclats de voix, Pauwels me raconte une histoire que je crois savoir, la sienne, une histoire qui aboutit à ce qu’il est, c’est-à-dire un de mes quatre ou cinq copains, et voilà que j’ai envie de réfuter. Diable! Réfuter quoi? Une vie? Un devenir? Un aboutissement? Attention! Nous voilà sur le malentendu, quand l’obscurité frise une lumière c’est-à-dire certainement ce qu’il veut dire! Lire l’article

L’énigme des rêves lucides

Le premier des mystères, c’est: pourquoi y a-t-il quelque chose, plutôt que rien? Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là, en train de penser? Ces deux grandes interrogations expriment la relation de l’homme avec l’absolu. Je plains ceux dont elles ne traversent pas l’esprit au moins une fois par jour, car il ne leur sert à rien d’être hommes. La condition de salade leur conviendrait tout aussi bien. Lire l’article