Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Les savants comme Job

France Catholique − N° 1540 – 18 juin 1976
Le mathématicien américain Martin Gardner a fait fortune et continue d’amasser chaque année un joli magot en inventant des jeux, qu’il vend. Ce sont naturellement des jeux très intelligents destinés à développer notre agilité mentale.
Je viens moi aussi, en réfléchissant au présent article, d’inventer un jeu. Mais je ne compte pas sur lui pour mes fins de mois: seulement pour essayer de me figurer clairement et simplement la signification philosophique des travaux de l’école de Kimura, ce généticien japonais dont j’ai déjà parlé[1] et qui semble bien avoir planté le dernier clou dans le cercueil où devrait désormais reposer le darwinisme. Lire l’article

L’homme dénudé par la machine

France Catholique − N° 1524 — 27 février 1976
Un jour, un de nos ancêtres qui était probablement déjà Homo, mais pas encore sapiens, remarqua que la viande se digérait mieux cuite que crue.
Il venait de faire une invention qu’un pédant appellera tôt ou tard d’un mot grec, car cela n’a pas de nom: c’est l’astuce-consistant-à-extérioriser-ses-fonctions-pour-en-faire-plus. Lire l’article

Le pot au noir de l’ascendance humaine

France Catholique − N° 1555 − 1er octobre 1976
Les lecteurs de cette chronique (ils ne sont pas les seuls, bien sûr!) savent qu’on ne peut pas visualiser les réalités de la microphysique. Les physiciens, très désireux d’éclairer un peu leurs arcanes, proposent parfois des images, toutes douteuses, dont il vaut mieux se méfier en attendant qu’eux-mêmes comprennent mieux ce qui se passe vraiment dans l’infiniment petit. Pour l’instant, ils ne peuvent que le calculer. Mais cela, ils le font admirablement. Lire l’article

Derrière le regard d’un gorille

La Vie des Bêtes n°140 de mars 1970
Je plains celui qui supportera sans se troubler le regard du magnifique gorille blanc que nous montrons dans ces pages: c’est que le regard humain ne l’émeut pas, qui est, comme on le disait au XVIIe siècle, la fenêtre de l’âme. Car ce regard que pose sur nous l’animal, en quoi est-il différent du nôtre? Lire l’article

Comment les bêtes comprennent ce qu’elles voient

La Vie des Bêtes N°127 de février 1969
Il avait fait un soleil admirable onze jours de suite. Le soir du 15 novembre, le ciel se couvrit. Le lendemain matin, il y avait vingt centimètres de neige. Tout était blanc jusqu’au fond de la vallée. Pendant la nuit du 17 au 18, le thermomètre a marqué six degrés de froid. La nuit suivante, huit. Et cela dura une bonne semaine: un vrai hiver en novembre, avec ruisseaux gelés, chasse-neige, congères, routes damées. Bien entendu, les vieux «n’avaient jamais vu ça». Lire l’article