Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Quelques étranges mimétismes

La Vie des Bêtes, n°123 d’octobre 1968
J’ai passé ce qu’il est convenu d’appeler les vacances (mais quel écrivain est jamais en vacances?) à méditer sur un livre prodigieux. Prodigieux par sa science, son esprit critique, son bon sens, souvent son humour, mais surtout par sa maîtrise, par son sujet, qui est ce que la nature vivante nous offre sans doute de plus troublant: il s’agit du livre du biologiste allemand Wolfgang Wickler sur le «Mimétisme animal et végétal». Lire l’article

L’homme et l’équilibre des espèces

La Vie des Bêtes n° 51, octobre 1962
Quelle admirable adaptation à la course! s’exclame-t-on infailliblement en voyant bondir la gazelle de Thomson, une des bêtes les plus rapides du monde: elle atteint, en effet, les 80 à l’heure.
Eh oui! seulement si la gazelle est adaptée à échapper au lion, le lion, lui, est adapté à la rattraper et lui aussi atteint les 80 à l’heure. Les deux chiffres, calculés chrono en main sur les pistes des savanes avec la méthode infaillible de la poursuite en jeep, sont même curieusement égaux pour ces deux bêtes, comme s’ils avaient été réglés l’un sur l’autre. Lire l’article

La nature, maîtresse d’esthétique

Arts et Métiers de mai 1978
Socrate enseignait que seul l’utile est beau, et dans sa langue le mot sophia signifiait à la fois sagesse et métier. Ces Grecs en savaient décidément beaucoup.
Dans notre langue à nous, dans toutes nos langues modernes, même le chinois, il y a comme un paradoxe et même une contradiction dans l’expression «esthétique Industrielle». Certes Raymond Loewy nous a appris que «le laid se vend mal». Mais le mot «industrie», dans notre esprit évoque des machines, du bruit, de la pollution, des nuisances. Le temps est loin où le maître de forges édifiait son hôtel particulier au milieu des usines comme le paysan sa ferme parmi les champs. Lire l’article

Les singes et moi

Atlas Air France n° 80 de février 1973
«Madame, vous me demandez aimablement pourquoi je ne m’en vais pas avec les singes. Il faut choisir, dites-vous. Être un homme et accepter la civilisation, ou une bête et regrimper dans l’arbre. Je ferais, affirmez-vous, un singe très présentable. Vous iriez même, si je faisais don de ma personne à un zoo, jusqu’à me porter des cacahuètes, à condition toutefois que je me conduise convenablement et que je fasse rire les enfants. Lire l’article

Nuisances et décision

Arts et Métiers de juin 1978
Jacques Bergier (qui, avant de devenir l’incollable sarcastique des tribunes de la T.V., fut docteur en chimie, puis physicien) affirme que les nuisances les plus redoutables sont intellectuelles. Il cite comme exemple certains énergumènes qui se réclament de l’écologie sans savoir que c’est une science, et difficile, avec ses laboratoires, où l’on n’avance qu’à petits pas, à force d’expériences réussies et ratées. Il dit aussi que la Nature s’est faite et continue de se faire par des nuisances qui éliminent les espèces périmées au profit d’espèces nouvelles, et que si certaines nuisances (inconnues) n’avaient pas fait crever le diplodocus, nous ne serions pas là. Lire l’article