Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Le volcan qui bouge

Les nouveaux philosophes nous ont débarrassés du radotage marxo-politico-utopique. Bon. Il fallait le faire. Il y a toujours des militants communistes, des partis communistes (il en faut pour tous les goûts). Les États-goulags sont toujours là, mais du moins le terrain intellectuel est-il maintenant dégagé des graves théoriciens qui, au mépris des faits, l’occupaient tout entier depuis des décennies. Lire l’article

La vie existe sur Mars

Article paru dans Science et Vie N°505 d’octobre 1959
De l’observatoire du Pic du Midi, M. Camichel voit la planète Mars avec autant de précision que ses collègues les plus favorisés des U.S.A. ou d’U.R.S.S. Au moment où l’hiver martien arrive à son terme dans l’hémisphère sud de la planète, celle-ci se présente dans l’oculaire comme une petite boule orangée, nantie de deux calottes blanches. Mars, en effet, a des saisons, puisqu’elle est inclinée sur le plan de son orbite. À ce moment, la calotte supérieure (celle du pôle sud, car l’instrument renverse les images) est la plus vaste: elle couvre une surface 20 fois égale à celle de la France, alors que l’autre est réduite à un point d’une centaine de kilomètres de diamètre. Lire l’article

Zut au zizi ou la sexualité dépassée

Depuis quelques mois, chaque soir, des millions de gens vont au cinéma dans le seul but de contempler ce que Freud appelait avec emphase la «scène primordiale», c’est-à-dire l’accouplement de l’homme et de la femme, et ses variations. D’après le critique cinématographique Henri Rabine, la presque totalité des films actuellement fabriqués par l’industrie cinématographique seraient des «pornos». L’argent dépensé et le temps passé au cinéma «porno» dépasseraient, et de loin, l’argent et le temps consacrés à la lecture. Quelle que soit la signification de ces faits, ils font réfléchir. Lire l’article

Une autopsie de l’amour divin

Je sais ce que pensera plus d’un lecteur: l’amour divin, quel anachronisme! Et cependant, aux portes du troisième millénaire, les mystiques sont plus nombreux et plus énigmatiques que jamais.
Ceux qui les étudient objectivement, et à la lumière des connaissances modernes, soupçonnent, parfois non sans un tremblement, les énergies secrètes où ils s’abreuvent et peut-être qu’ils créent. Ils sont justiciables de l’observation scientifique et c’est dans ces limites qu’il en sera question ici[1].
Les crises mystiques du Padre Pio, le célèbre capucin de Pietralcena, s’accompagnent d’une telle élévation de température qu’aucun thermomètre n’y résiste: ils éclatent sous la poussée du mercure. Il ne s’agit pas de fièvre, c’est-à-dire d’un phénomène déterminé par la présence d’un agent toxique ou infectieux. L’examen clinique ne laisse apparaître rien d’autre que cette hausse fantastique de la température avec accélération du pouls et de la respiration. Lire l’article

Maeterlinck, oui, encore!

Écrivain belge d’expression française, «son inspiration unit le symbolisme au mysticisme» affirment les dictionnaires que nos enfants, en 1969, portent dans leur cartable. Et de citer les deux œuvres inévitables et illisibles, Pelléas et Mélisande et l’Oiseau bleu.

De la Grande Porte, du Temple enseveli, du Grand Secret, de l’Intelligence des fleurs, rien. Maeterlinck est, et semble, devoir rester longtemps encore le plus méconnu des écrivains du début du siècle. À la suite d’un article que j’avais écrit sur lui naguère, des lettres m’arrivèrent, étonnées: Quoi, Maeterlinck? Ce fabricant de fééries, cet obsédé de science méprisé des savants? On me citait des erreurs glanées dans divers de ses essais, et notamment dans la Vie de l’espace. Lire l’article