Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

L’interféromètre et le philosophe

Les progrès accélérés de l’interféromètre et de l’ordinateur vont, au cours de ces prochaines années, faire entrer dans la science une des plus vieilles et lancinantes questions philosophiques = sommes-nous seuls?
Le soleil n’est qu’une étoile très banale. Il y en a des dizaines de milliards comme lui dans la galaxie. Les galaxies elles-mêmes sont innombrables. La présence de corps satellites orbitant autour de toute masse un peu importante est, elle aussi, un fait banal = non seulement le soleil a des planètes, mais la plupart des planètes ont des satellites, souvent nombreux. Lire l’article

Maeterlinck, oui, encore!

Écrivain belge d’expression française, «son inspiration unit le symbolisme au mysticisme» affirment les dictionnaires que nos enfants, en 1969, portent dans leur cartable. Et de citer les deux œuvres inévitables et illisibles, Pelléas et Mélisande et l’Oiseau bleu.

De la Grande Porte, du Temple enseveli, du Grand Secret, de l’Intelligence des fleurs, rien. Maeterlinck est, et semble, devoir rester longtemps encore le plus méconnu des écrivains du début du siècle. À la suite d’un article que j’avais écrit sur lui naguère, des lettres m’arrivèrent, étonnées: Quoi, Maeterlinck? Ce fabricant de fééries, cet obsédé de science méprisé des savants? On me citait des erreurs glanées dans divers de ses essais, et notamment dans la Vie de l’espace. Lire l’article

Un Marco Polo du futur

Préface au livre de Ray Bradbury Chroniques martiennes (Club des Amis du Livre, 1964)
Les traditions vénitiennes décrivent d’une bien jolie façon la fin du voyage de Marco Polo vers les dernières années du XIIIe siècle. Cet audacieux avait, je le rappelle, visité le Badakhchan, le désert de Gobi, Sumatra, la Perse, l’Arménie et vingt autres lieux dont la plupart ne portaient aucun nom dans les langues de l’Occident, et pour cause! Il avait occupé des postes officiels dans l’administration chinoise. Dix-sept années durant, il avait servi le Grand Khan Koubilaï, apportant à ce grand homme la rescousse des connaissances juridiques et de l’esprit rationaliste européen. Lire l’article

L’homme du grand tournant aux U.S.A.: le professeur Condon

«Certes, tout objet non identifié n’est pas forcément un visiteur extra-terrestre. Mais il ne s’ensuit pas que tous les objets non identifiés soient des phénomènes naturels, si beaucoup le sont. Si grande est la vanité ou l’ignorance de certains réfutateurs que tout ce qui dépasse leur entendement est considéré par eux comme inconcevable. Mais les conceptions humaines sont limitées par la connaissance et l’expérience terrestres, et dans le vaste univers notre Terre est un fait infinitésimal.» Lire l’article

Naissance de l’homme cosmique

Préface du livre de Charles-Noël Martin, Le cosmos et la vie, L’Encyclopédie Planète, 1963.
Il y a quatre siècles et demi, Nicolas Copernic découvrait que la Terre n’était pas le centre du monde. Quoique évidente, l’idée lui parut tellement scandaleuse qu’il n’osa pas la publier de son vivant. En 1543, sentant ses forces décliner, il mit la dernière main aux six livres de son traité sur les Révolutions des sphères célestes et mourut, laissant à son disciple Rhéticus le soin d’en corriger les épreuves.

Quand on relit les Révolutions de Copernic, on se demande comment ce livre put susciter une réaction qui ne fût pas le saisissement et le silence. Car, pour la première fois dans l’histoire de l’astronomie, les apparences célestes y étaient intégralement expliquées. Lire l’article