Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

J’ai vu à l’œuvre le clairvoyant Gérard Croiset

Pour visiter un laboratoire de parapsychologie, il faut d’abord s’expatrier. Aller, par exemple, à Fribourg-en-Brisgau, chez le professeur Bender, directeur du laboratoire de parapsychologie de l’université de cette ville, ou à Utrecht, chez le professeur Tenhaëff, le spécialiste des «clairvoyants». C’est chez ce dernier (que je connais depuis longtemps) que j’ai rencontré récemment, pour la première fois, Gérard Croiset, le plus célèbre de tous les «clairvoyants». Lire l’article

Le fusil de Maeterlinck

Quand Maeterlinck écrivit les pages admirables que l’on va lire, vers les années 1920, il trouva, certes, des lecteurs, toujours les mêmes, ceux qui le suivaient depuis les premiers pas de son immense voyage, depuis la Vie des Abeilles et le Temple enseveli. Mais ces lecteurs étaient des solitaires, conduits par un solitaire.
— De quoi se mêle ce poète? demandaient les savants. Le poète à ses vers, le curé à sa sacristie, la femme à sa cuisine, et les bœufs seront bien gardés.
— Où diable l’auteur de Pelléas va-t-il chercher cette assommante érudition? opinaient les esprits distingués nourris de Paul Bourget. Qu’il nous fasse des Oiseau Bleu et des Monna Vanna, à la bonne heure! Mais l’intelligence des fleurs! Quelle sottise! Lire l’article

Le martyre d’un génie: Boucher de Perthes

Raconter la vie et les luttes de Boucher de Perthes, c’est affronter la nausée. Car il faut se plonger dans le XIXe siècle: non pas dans la lumière de ses nombreux génies, mais dans l’anonymat de sa pensée quotidienne telle qu’elle fut vécue par nos arrière-grands-pères, et que nous avons oubliée.

Il est plus facile à un homme de 1961 de se mettre dans la peau d’un Inca ou d’un Chaldéen que de rétrograder de cent ans sans sortir de son jardin. Car enfin, une conception merveilleuse du monde et de l’homme ne saurait aujourd’hui nous surprendre: on est averti. Mais vers 1850, souvenons-nous-en, «il n’y avait plus de mystères», comme disait Berthelot. Tout était «positif et rationnel». Et voici comment on enseignait, au Muséum d’Histoire Naturelle, l’origine de l’Homme. Lire l’article

Grâce à la psychopharmacologie la folie a changé de sens

Enfin un livre français qui fait le point des plus récentes découvertes sur les drogues de l’esprit: la Psychopharmacologie (P.U.F. — Que sais-je?) Son auteur est Pierre Deniker, professeur à la faculté de Médecine de Paris et l’un des maîtres de la psychiatrie moderne. C’est lui notamment qui, avec le professeur Jean Delay, a dressé le premier tableau des différentes actions des drogues dites neuroleptiques, dont la découverte découla directement, de 1952 à 1954, des travaux de notre ami le Dr Laborit. Lire l’article

Du rififi chez les préhistoriens

Depuis la dernière guerre (pour donner une date), tout le monde en France sentait qu’une révolution était nécessaire dans la recherche préhistorique. À certains signes, on la pressentait toute proche. Eh bien, c’est fait. La préhistoire intuitive, la préhistoire vouée aux fantaisies de la psychanalyse et de l’ethnographie, la préhistoire d’art est morte. C’est André Leroi-Gourhan, professeur à la Sorbonne, qui, dans un petit livre explosif de 150 pages[1] vient de la mettre au tombeau. Lire l’article