Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Louis Néel à Grenoble, ou de la solitude au Prix Nobel de Physique

Arts et Métiers de septembre 1976
En 1940, Grenoble n’était qu’une banale petite ville universitaire, ne se singularisant que par une école d’électricité et par une proportion exceptionnelle d’étudiants japonais. J’y faisais moi-même mes études et ces souvenirs vivent dans ma mémoire. On y mourait un peu de faim. Les occasions de se distraire d’un quotidien plutôt morose étaient rares. La ville allait devenir une plaque tournante de la Résistance, mais les gens en étaient encore à se chercher.
À ce moment, un jeune physicien quittait Strasbourg annexée par les Allemands et cherchait en France libre un point de chute où il pût travailler. Lire l’article

Comment faire des Prix Nobel

Arts et Métiers de décembre 1976
Les Prix Nobel scientifiques de cette année méritent à plusieurs titres une attention particulière.
D’abord, il est remarquable qu’ils soient tous allés, sinon à des Américains (puisque l’un des physiciens est d’ascendance chinoise), du moins à des résidents américains. On ne peut soupçonner le jury Nobel d’américanisme: l’intelligentsia Scandinave est traditionnellement à gauche. Le hasard? En partie peut-être, mais il ne saurait rendre compte entièrement de ce succès massif. Alors? Lire l’article

C’est sûrement une blague, M. Feynman?

Arts et Métiers n° 3 d’avril – mai 1988
Pour une fois cette chronique ne sera pas consacrée aux incertitudes de l’économie et des finances mais à une de leurs spécialités injustement méconnue: l’art de déchiffrer les serrures de coffre-fort, la cambriole. Bref, le casse. Mais un casse un peu spécial.

En 1943, les Américains fabriquaient discrètement leur première bombe atomique à Los Alamos. Il y avait là, sous la férule angoissée d’un Général Grove, presque tout le gratin scientifique et technologique de l’Occident. Un physicien, le Dr De Hoffman, veillait sur les documents confidentiels classés dans un certain Bâtiment Oméga. Lire l’article

Physique de l’an 2000, métaphysique d’il y a 2000 ans – une véritable nouvelle philosophie

Socrate, avons-nous appris, «fit descendre la philosophie du ciel sur la terre». C’est-à-dire qu’ayant proposé l’homme comme «mesure de toutes choses», la sagesse, après lui, prit l’homme pour premier objet. Souvent comme unique objet.

Ô Socrate à la bouche d’or! Il n’a rien écrit, et pourtant, deux millénaires et demi plus tard son précepte reste fidèlement reçu: l’homme, l’homme, toujours l’homme, même quand c’est pour le détruire, ou s’imaginer qu’on le détruit, ou qu’on le restitue au «monde minéral» comme Lévi-Strauss. Oublions le nom du sage contemporain auteur de cette forte parole: «la Nature m’emm…». Lire l’article

L’interféromètre et le philosophe

Les progrès accélérés de l’interféromètre et de l’ordinateur vont, au cours de ces prochaines années, faire entrer dans la science une des plus vieilles et lancinantes questions philosophiques = sommes-nous seuls?
Le soleil n’est qu’une étoile très banale. Il y en a des dizaines de milliards comme lui dans la galaxie. Les galaxies elles-mêmes sont innombrables. La présence de corps satellites orbitant autour de toute masse un peu importante est, elle aussi, un fait banal = non seulement le soleil a des planètes, mais la plupart des planètes ont des satellites, souvent nombreux. Lire l’article