Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Zut au zizi ou la sexualité dépassée

Depuis quelques mois, chaque soir, des millions de gens vont au cinéma dans le seul but de contempler ce que Freud appelait avec emphase la «scène primordiale», c’est-à-dire l’accouplement de l’homme et de la femme, et ses variations. D’après le critique cinématographique Henri Rabine, la presque totalité des films actuellement fabriqués par l’industrie cinématographique seraient des «pornos». L’argent dépensé et le temps passé au cinéma «porno» dépasseraient, et de loin, l’argent et le temps consacrés à la lecture. Quelle que soit la signification de ces faits, ils font réfléchir. Lire l’article

Raymond Ruyer: restons sceptiques!

L’article qu’on va lire ci-dessous est composé de plusieurs parties. D’abord une analyse par Aimé Michel du dernier livre de Raymond Ruyer (sorti chez Robert Laffont): «Un sceptique résolu… devant les discours intimidants». Puis la reproduction de «Hymne à Zeus» qui termine l’ouvrage de Ruyer et qui peut être considéré comme un morceau d’anthologie: toute la prière des gnostiques contemporains est là exprimée. Enfin, écrite par Aimé Michel qui a voulu s’amuser un peu, une «prière de Jonas dans sa baleine», apocryphe et hérétique (!) mais qui, comme celle de Ruyer, révèle la pensée contemporaine mieux que les théologiens, les exégètes ou les philosophes de tous bords ne sauraient le faire. Lire l’article

Telles sont les questions fondamentales…

J’avais en tête, au moment de me mettre à cet article, de démontrer que la fin du monde, on sait ce que c’est: cela s’est produit déjà une fois.

Une fois déjà, la science a établi son triomphe sur les esprits, réduisant à de vagues survivances la religion, les mœurs, le respect des liens sociaux, le bonheur d’être ensemble, révélant au regard effrayé de l’homme l’immensité de la nature, l’indifférence complète de ses lois, l’absurdité de l’humaine condition, la faillite de la raison à fonder une morale et à fournir une raison de vivre. Tout cela, les Grecs et les Romains cultivés du Moyen et Bas-Empire l’ont connu et bu jusqu’à la lie. Lire l’article

Si tu n’étais immortel… Méditation

C’est un cri perçant, continu, qui monte comme une fusée. La gorge d’où il jaillit semble infatigable. Quel être de chair est capable d’un tel cri?

De l’autre côté de la rue, dont le bas se perd dans une profondeur bleue, une fenêtre est ouverte. La profondeur bleue vibre d’une menace indéfinissable. Le cri monte toujours, de plus en plus aigu. Soudain, une femme apparaît à la fenêtre, hagarde, les bras étendus. Son visage est imprécis; on ne discerne pas ses traits, qui pourtant expriment terreur et désespoir. Sans ralentir sa course, sans cesser de crier, elle franchit la fenêtre et commence de tomber en tournoyant. La profondeur bleue l’avale, tandis que son cri monte jusqu’au ciel. Lire l’article

Voltaire contemporain de l’ère cosmique

Après deux siècles, le nom de Voltaire éclate encore, accompagné d’une rumeur de querelles, de ricanements et d’imprécations. Il oblitère toute pensée objective. Nulle œuvre peut-être, dans l’histoire de la pensée occidentale, n’aurait gagné davantage à être perdue, puis partiellement retrouvée (et sans nom d’auteur), que celle de cet homme de bruit et de remue-ménage.

Mais nous n’avons pas le choix. La vie de Voltaire est connue au jour le jour, parfois heure par heure, grâce à ses lettres innombrables et au témoignage des contemporains. Ce qu’il a fait nous cache ce qu’il fut, et nous devons, pour l’atteindre dans sa solitude, lui imposer le traitement que suggérait un sage dont j’ai oublié le nom: «Tu ne connaîtras l’homme qu’en le pelant comme un oignon.» Lire l’article