Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Révolution chez les préhistoriens

Quand, après un plantureux déjeuner périgourdin dans quelque restaurant de Montignac ou des Eyzies, le touriste remonte dans sa voiture pour se rendre à Lascaux, c’est généralement au rite des étapes à trois étoiles qu’il sacrifie plutôt qu’à la vraie curiosité: on ne passe pas par Montignac sans visiter Lascaux. Il faut avoir vu Lascaux. On débarque donc dans la fameuse prairie et l’on descend, en bavardant, le bref escalier qui débouche dans la rotonde. Seul le sol est d’abord éclairé. Pendant quelques minutes, les visiteurs s’agglomèrent autour du guide. On ne voit toujours rien et l’on continue de bavarder. Puis la lumière est donnée et les peintures surgissent de l’ombre, rouges et noires sur l’admirable blancheur de la paroi. Lire l’article

Une méditation religieuse en français: « Sur-Vivre », de Beigbeder

Pour une bonne part des Français, les sondages d’opinion publique montrent que le mot religion n’évoque plus rien que de trivial: la quête aux enterrements et aux mariages, le Petit Père Combes, les bûchers de l’Inquisition, l’obéissance à un magistère, les luttes politiques. Pour ces Français-là, (et ils semblent être la majorité), le mot religion ne désigne rien d’essentiel, rien d’autre en tout cas qu’une survivance folklorique un peu envahissante. Lire l’article

Une autopsie de l’amour divin

Je sais ce que pensera plus d’un lecteur: l’amour divin, quel anachronisme! Et cependant, aux portes du troisième millénaire, les mystiques sont plus nombreux et plus énigmatiques que jamais.
Ceux qui les étudient objectivement, et à la lumière des connaissances modernes, soupçonnent, parfois non sans un tremblement, les énergies secrètes où ils s’abreuvent et peut-être qu’ils créent. Ils sont justiciables de l’observation scientifique et c’est dans ces limites qu’il en sera question ici[1].
Les crises mystiques du Padre Pio, le célèbre capucin de Pietralcena, s’accompagnent d’une telle élévation de température qu’aucun thermomètre n’y résiste: ils éclatent sous la poussée du mercure. Il ne s’agit pas de fièvre, c’est-à-dire d’un phénomène déterminé par la présence d’un agent toxique ou infectieux. L’examen clinique ne laisse apparaître rien d’autre que cette hausse fantastique de la température avec accélération du pouls et de la respiration. Lire l’article

Rencontre à Carthage

Préface au livre L’astrologie devant la science de Michel Gauquelin, Encyclopédie Planète
Il est plus aisé d’édifier un système philosophique ou d’adhérer à une religion que d’y conformer sa vie, et de donner à la quête du dimanche que d’atteindre à travers mille épreuves lentement surmontées les derniers degrés des états d’oraison. Une sorte de crédulité floue et jamais étudiée de face fait la fortune des tireurs d’horoscope. Tel qui se pique de rationalisme ne manque jamais, en parcourant son journal, de jeter un coup d’œil mi-ironique mi-anxieux sur la promesse quotidienne de son signe, rejetant dans la pénombre commode de son inconscient la question de savoir si vraiment les astres déterminent son destin. Lire l’article

Le corps humain peut-il voler?

De toutes les capacités prêtées à l’homme par la psychologie exceptionnelle, voici celle qui répugne le plus aux données du sens commun: sous l’effet de certains états mentaux, ou en concomitance avec eux, le corps humain pourrait parfois s’élever au-dessus du sol et y rester suspendu sans appui visible. La lévitation est-elle une légende? Est-elle un fait réel? Il existe une immense littérature historique, hagiographique, théologique, critique sur le sujet. Mais tout ce que l’on sait en physique tend à reléguer la lévitation parmi les croyances superstitieuses. Lire l’article