Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

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L’instinct grégaire

Revue La Vie des Bêtes N°142 de mai 1970

 

Pourquoi certains animaux ont-ils tendance à vivre et à se déplacer en groupes? Pourquoi d’autres répugnent-ils à le faire? Quelles sont les lois que l’on peut dégager de ces divergences?

«Viens, me dit cet ami parisien avec un geste aguicheur vers le siège de sa voiture, je vais te montrer un restaurant où il y a ce qui s’appelle de l’ambiance.

— De l’ambiance? Qu’est-ce que c’est que ça?

— C’est de l’ambiance, te dis-je. Ça te changera de ta montagne. Que diable! à ton âge, il faut s’instruire.

Je compris ce que mon ami appelait de l’ambiance aussitôt éjecté par la porte à tambour au milieu d’une cohue sans nom pleine de clameur et de fureur, comme dit Shakespeare avec, en plus, un orchestre. Dix minutes plus tard, après force ahans, manœuvres et bousculades, nous étions assis dans un étroit espace, sur deux sièges étroits, devant une table étroite.

— Alors, que penses-tu de cette ambiance? dit mon ami visiblement enchanté.

— Ça me rappelle les îles de Saint-Kilda, dans les Hébrides, l’odeur en moins. Seulement, dans les îles de Saint-Kilda, c’est quand même plus intéressant, malgré l’odeur: ce sont les oiseaux qui font foule. Exactement, ce sont les macareux moines, tu sais, ces cousins des pingouins et des guillemots, si drôles avec leur gros bec multicolore et leur œil qui a toujours l’air de pleurer. Le seul ennui avec eux, c’est l’odeur. Même ici, avec ce mélange d’haleine alcoolisée, de paella, de cigare, de graisse recuite, et de sueur, je dois reconnaître que ça sent moins mauvais.

— Ah?

— Euh, dis-je, mieux vaut passer rapidement si nous voulons faire honneur à la carte. Disons que ces oiseaux se nourrissent de poisson, qu’ils ont la digestion rapide et négligente, qu’ils sont rassemblés là par millions, oui, par millions, et que la moiteur de l’été aidant…

— Bon, dit mon ami précipitamment. Tu me parleras de tes macareux une autre fois.»

Il avait raison cet ami. Mais ces macareux des îles Saint-Kilda, quel spectacle! Du point de vue humain, l’archipel est un désert. Aucune île n’est plus habitée depuis au moins trente ou quarante ans. Les plus grandes n’ont que quelques kilomètres carrés. La plupart ne sont que des écueils ou de simples pitons rocheux aux falaises verticales. Et comme tout cela est en plein Atlantique à l’ouest de l’Écosse, dans une des régions d’Europe où il pleut le plus et surtout le plus souvent, les bêtes y vivent en paix, et elles en profitent. On y trouve les colonies de fous de Bassan les plus importantes du monde. En 1951, un ornithologue patient en dénombra 17’035 couples, pas un de moins. Il y a aussi des pétrels, des puffins, des guillemots, des petits pingouins. À l’intérieur des terres (quand l’île est assez grande pour avoir un intérieur), il y a quelques rares oiseaux terrestres, des linottes, des troglodytes.

L’interattraction n’est pas universelle

Mais le spectacle, ce sont les oiseaux marins. Ou plutôt, c’est leur nombre incroyable, leur fabuleux pullulement. Pourquoi diable se rassemblent-ils ainsi? À quoi cela leur sert-il? Quel plaisir est le leur de ne pouvoir, quand ils se posent tous ensemble, se retourner sans marcher sur les pattes du voisin, voire, si celui-ci est de méchante humeur, sans affronter ses coups de bec?

(Photo Ake Lindau)

Oui, la foule est bien l’un des mystères du monde animal, quoique l’homme semble en avoir aussi la passion. Lorenz, qui me citait un jour le mot du philosophe chinois Lao Tseu: «tout l’animal est dans l’homme, mais pas tout l’homme dans l’animal», aurait pu le faire à propos de ce penchant que tant d’êtres vivants ont de s’agglomérer les uns aux autres. Poissons se rassemblant en bancs par millions, peut-être parfois, pour la sardine et le hareng par exemple, par centaines de millions, vols de puffins ou de pluviers défilant pendant des heures au-dessus des navires, nuages d’étourneaux obscurcissant le ciel comme j’en ai vu en Tunisie, gazelles fuyant dans la savane en troupeaux si compacts que les lions affalés tentent en vain d’y échapper, bisons d’Amérique martelant la grande prairie de leurs millions de sabots, hommes enfin, même les hommes, oui, cherchant l’«ambiance» dans les lieux de plaisir, ou sur les plages, ou, de façon moins innocente, dans les parades militaires et les meetings, à quoi obéissent-ils tous?

Quand les savants découvrent un problème, ils se hâtent de lui donner un nom: en 1927, Étienne Rabaud donna à celui qui nous occupe le nom d’interattraction.

Puis ils le définissent: l’interattraction, dit Rabaud, est «une attraction entre individus d’une même espèce, indépendante du sexe, de la reproduction, de toute «utilité» ou contrainte sociale». L’analyse que fait Rabaud des rapports entre animaux ne nous apprend pas grand chose sur les motifs de l’interattraction. Une machine n’a pas de motifs et pour Rabaud l’animal n’est qu’une machine. Mais du moins a-t-il clairement classé les divers comportements observés, en les illustrant par des exemples.

Il remarque d’abord que l’interattraction est loin d’être une règle générale. De nombreux animaux professent les uns à l’égard des autres une complète indifférence, comme par exemple le scorpion Buthus occitanus. Ce sont des bestioles nocturnes, vivant sous des pierres le jour et chassant la nuit. Deux Buthus peuvent fort bien creuser leur nid sous la même pierre et se rencontrer vingt fois dans leurs déplacements: ils ne s’accordent mutuellement aucune attention.

Des abeilles sauvages qui vivent en H. L. M.!

D’autres bêtes sont résolument solitaires et ne peuvent se souffrir. C’est le cas du pic vert, par exemple, ou du staphylin Ocypus olens, un coléoptère cousin des nécrophores et des carabes. Quand deux Ocypus se rencontrent, ils se jettent l’un sur l’autre, se flanquent une brève mêlée, puis détalent chacun de son côté, éprouvant simultanément l’un et l’autre les mêmes sentiments successifs de fureur, de surprise, puis de crainte.

Comme modèle d’animal à «interattraction», Rabaud cite une abeille sauvage halicte, Halictus laticeps nigricornis. Les halictes sont de très curieuses abeilles solitaires qui, néanmoins, peuvent partager le même nid ou avoir en commun quelques commodités. Par exemple, un certain nombre de femelles adoptent une antichambre commune pour accéder à leurs terriers individuels. C’est l’H.L.M. animale, soixante millions d’années au moins avant son invention par nos urbanistes. L’entretien de l’antichambre fait partie des charges communes (on ne sait pas s’il y a un gérant!), mais tout semble se faire spontanément, sans règlement de copropriété. Hors l’antichambre, tout est individuel. On ne voisine pas: chacun chez soi, Dieu pour tous.

Chez certaines espèces d’halictes, l’association va un peu plus loin: par exemple, le travail de construction est communautaire. Chacun fait son petit travail, va chercher les matériaux, construit une paroi, et tout cela fonctionne fort bien, comme si un maître d’œuvre gardait tout son personnel à l’œil. Mais il n’y a pas de maître d’œuvre. Il n’y a qu’une loi d’orientation. Et pourtant, ça marche, si MM. Edgar Faure et Olivier Guichard me permettent cette mauvaise plaisanterie. On peut constater par exemple que l’aération est très bien équilibrée. Chacun trouve son compte. Chez certains halictes, on va même jusqu’à désigner un concierge à l’entrée de l’antichambre pour défendre l’immeuble contre le dangereux porte à porte des guêpe Mutillides ou d’autres parasites.

Peut-on appeler cela une société? Dans le sens où la ruche en est une, certainement non: ces rassemblements sont formés par des adultes n’appartenant pas au même groupe familial, par des étrangers vivant ensemble.

Les exemples que je viens de donner montrent cependant que leur rassemblement est justifié par une certaine communauté d’intérêts, limitée mais réelle. Il n’en va pas de même chez l’halicte Nigricornis étudié par Rabaud, et spécialement chez les mâles de cette espèce.

Ces mâles se groupent en effet chaque soir, après le travail, sur les tiges de certaines plantes qu’ils choisissent entièrement desséchées et qui sont toujours, soit la graminée Dactylis glomerata, soit la crucifère Lepidium draba. Pourquoi? On n’en sait rien. On ne sait pas non plus pourquoi ils se rassemblent, car tout ce qu’ils font est de dormir là jusqu’au matin. Dès que le soleil apparaît à l’horizon et que la température s’élève, ils s’envolent sans se préoccuper du voisin. Tous les soirs à la même heure, ils reviennent sur la même tige où chacun reprend la même place. Ce manège dure trois semaines pendant lesquelles le nombre des individus rassemblés commence par croître pendant quinze jours, atteignant la centaine, puis décroît rapidement. À la fin de l’observation, dit Rabaud, deux seulement restaient le soir fidèles au rendez-vous. Le changement des conditions atmosphériques n’a aucune influence sur cet étrange comportement. Si la tige qui sert de dortoir est coupée, on dort sur la tige voisine. Si ce sont les tiges voisines que l’on détruit, les halictes n’y prêtent aucune attention. Au moment où ils se posent, ils s’agitent un peu, se bousculent, se renvolent, reviennent, et le calme s’établit peu à peu à mesure que tombe la nuit. Rabaud s’est livré à diverses expériences montrant qu’aucune cause extérieure (à part la nuit) n’influe sur ce curieux comportement des mâles halictes nigricornis, qu’aucun avantage semble n’en être retiré par eux, et que par conséquent s’ils se rassemblent, c’est uniquement pour être ensemble. C’est pour l’«ambiance». Gaston Viaud, qui a repris et analysé les observations de Rabaud quelque vingt ans plus tard, remarque qu’il ne faut pas confondre ces rassemblements interattractifs avec les foules.

Les échinodermes et le besoin du «toucher»

Qu’est-ce en effet qu’une foule? C’est un grand rassemblement d’individus provoqué par la recherche d’un même but, mais qui ne vise pas le moins du monde au rassemblement lui-même. Quand une douzaine de garçons s’agglutinent autour d’une jolie fille, il serait excessif de supposer que c’est pour le plaisir d’être ensemble! De même les passagers d’un radeau quand le bateau vient de couler, ou la queue chez le boulanger un jour de grève de l’E.D.F. Ou encore, pour revenir au monde animal, les essaims d’une lampe, le soir, ou les chacals se battant autour d’une charogne. II est parfois bien difficile de distinguer une vulgaire foule d’un rassemblement par interattraction. W.C. Allee, qui s’est beaucoup intéressé à ces effets de groupe, notamment chez les oiseaux, cite un cas bien intéressant de rassemblement ayant à première vue toutes les apparences, mais seulement les apparences, du grégarisme.

Si, dit-il, on dépose une poignée d’ophiures dans un bac rempli d’eau de mer, on les voit aussitôt se rassembler «par paquets». Interattraction? À première vue, il semble bien. Mais jetons dans le vase des petits cailloux, des morceaux d’algue, des vieux bouchons, et l’on verra les ophiures venir fixer sur ces objets leurs longs bras ciliés (les ophiures ressemblent à de petites étoiles de mer dont les bras seraient démesurés, minces et flexibles). Ce n’est donc pas pour se rassembler que ces échinodermes se rassemblent, mais pour toucher quelque chose, n’importe quoi! Ce besoin de toucher est un des tropismes classiques en psychologie élémentaire: on l’appelle thigmotropisme.

Mais pour découvrir que les tas d’ophiures ne sont l’effet que d’un thigmotropisme, il fallait avoir l’idée de jeter quelque chose dans le bac. Comment être certain que d’autres tropismes aussi trompeurs ne déterminent pas le rassemblement d’animaux que l’on croit sensibles à l’interattraction?

Si l’on réfléchit un peu à cette question, on se rend vite compte que le mot «tropisme» risque ici encore d’être l’une de ces vertus dormitives si commodes à qui tient absolument à prendre des vessies pour des lanternes, et à s’épargner ainsi des problèmes délicats. Le Français A. Ledoux a étudié avec soin les mécanismes qui induisent l’interattraction chez le cafard (Blattella germanica). On sait que ces insectes sont l’un des désagréments de tous les laboratoires de biologie, où l’on ne peut généralement pas les exterminer sans compromettre en même temps les divers élevages expérimentaux. C’est pourquoi, de gré ou de force, les biologistes connaissent bien le cafard. C’est même, avec le rat blanc, l’animal qui a suscité le plus grand nombre de travaux de psychologie animale. Ledoux, donc, a pu montrer que ce qui attire les cafards entre eux, c’est leur odeur mutuelle, l’humidité qu’ils entretiennent en s’entassant, le plaisir qu’ils prennent à se tâter et à se toucher. Seulement l’odeur s’appelle un chimicotropisme; l’humidité un hygrotropisme, et le plaisir de se toucher un thigmotropisme.

En cela, Ledoux est fidèle à l’enseignement reçu. Son travail date de 1945, époque où, en France surtout, il était encore de bon ton, et même vivement recommandé d’interpréter tout comportement imaginable par des impulsions — mécaniques, physiques, chimiques ou autres — aussi simples, espérait-on, que la force qui fait tomber la pomme sur le nez de Newton.

Mais à ce compte je ne suis moi-même, et vous aussi qui lisez ces lignes, qu’une combinaison de tropismes. Mon ami, avec son restaurant en façon de place publique, obéit à un agoratropisme positif. Moi qui n’aime pas ça, ce n’est pas que je ne l’aime pas, car «aimer», ce n’est pas scientifique: c’est que j’obéis à un agoratropisme négatif. Nuance, et ne pas confondre. L’agoratropisme, le thigmotropisme (sur lequel je me retiens de faire quelques plaisanteries peu convenables: pensez! l’attraction – du toucher!) tout cela, et cela seulement, c’est la vraie science. Soit. Admettons, quoique la théorie du tropisme en tant qu’explication universelle ne soit plus guère soutenue que par quelques fanatiques: admettons donc que l’ophiure, vous et moi agissons sous l’empire de forces élémentaires d’origine purement physique et qui, s’architecturant entre elles comme les particules forment l’atome, lequel forme la molécule et ainsi de suite, donnent à la limite l’illusion subjective de la conscience, des sentiments et de la liberté. S’il en est ainsi, et si le tropisme peut chez nous, les hommes, créer l’illusion du sentiment et de la liberté, il faut donc à rebours admettre que cette illusion existe exactement semblable, quoique moins complexe, chez tous les êtres agités par la même mécanique des tropismes. Il faut l’admettre, ou bien expliquer pourquoi ce que le tropisme fait à l’homme, il ne le fait pas à la bête!

Et c’est bien en effet ce qui découle des expériences fameuses d’Ouvaron et de Chauvin sur le passage du criquet pèlerin de l’état solitaire à l’état grégaire. Une larve de criquet élevée loin de ses congénères donne un certain modèle de criquet, vert au niveau larvaire, noir au stade imago, ou adulte. Ces criquets solitaires, lorsqu’ils se multiplient sur une aire de peuplement, subissent une évolution tellement considérable qu’il a fallu l’ingéniosité des deux savants cités plus haut pour prouver qu’il s’agit bien d’une seule et unique espèce, l’une solitaire et l’autre grégaire, cette dernière verte et noire au niveau larvaire, rose ou jaune au niveau adulte. Chauvin a pu montrer en 1941 que la transformation s’opère sous l’effet des stimulations sensorielles, ou même simplement psychiques. Si on laisse un certain nombre de larves se palper dans l’obscurité, la transformation a lieu: disons que c’est du thigmotropisme. Si on permet à un criquet de sentir son congénère, la transformation s’opère aussi: chimicotropisme. Contre-expérience: coupons les antennes (organes de l’odorat), il n’y a plus transformation si les autres stimulations manquent également.

Mais voici l’expérience décisive. Une larve est enfermée dans un tube de verre et ainsi privée de tout contact et de tout repérage olfactif. Tant qu’elle ne sent ni ne touche ni ne voit ses congénères, il ne se passe rien. Mais Chauvin, qui fut toujours un esprit indocile, a l’idée de lui permettre la vue, et la vue seulement. Peut-on encore appeler tropisme la reconnaissance d’un certain individu? Est-ce encore là une pulsion élémentaire et de nature purement physique, simple comme une réaction chimique ou comme la chute d’une pomme? Certes non et cette expérience est donc absurde si le tropisme est une explication suffisante du comportement de l’insecte. C’est là justement ce qui plaît à Chauvin: une expérience dont un beau raisonnement a priori montre qu’elle ne réussira pas. Car si elle réussit, cela prouve que le raisonnement péchait par présomption, et tous les progrès scientifiques surviennent de cette façon!

Et c’est bien ce qui se passe alors: la seule vue d’un congénère, en l’absence de toute autre stimulation suffit à provoquer la transformation de la larve en «Locusta migratoria», modèle grégaire et migrateur, magnifique exemple de phénomène psychosomatique chez un insecte. Chauvin trouva que la coloration des grégaires était due à un pigment jaune spécial, l’acridioxanthine. Deux ans plus tard, il montrait que l’effet de groupe pouvait même être mesuré à la teneur des tissus en acridioxanthine. On peut penser que cette découverte n’est pas étrangère à l’orientation ultérieure des travaux de Chauvin, qui est maintenant l’un des principaux représentants de l’école appelée objectiviste aux côtés de Konrad Lorenz et Niko Tinbergen, et très loin des étroites conceptions du tropisme universel.

Avec un grégarisme d’origine au moins partiellement psychique, nous sommes enfin à même de comprendre les immenses vols d’oiseaux, les colossales migrations collectives de gazelles et de bisons, bref, le grégarisme des vertébrés, y compris celui de l’homme. Ou sinon encore de les comprendre, du moins d’en entrevoir les mécanismes. Les vertébrés, qui sont les animaux les plus évolués de la planète ont développé entre eux les dispositifs de communication les plus complexes, chants, cris, exhibition de gestes, de couleurs, etc. Une part prépondérante de leur vie psychique concerne leurs rapports avec leurs congénères. Et de même que l’activité exploratrice gratuite est d’autant plus intense que l’animal est plus évolué, de même, et pour la même raison, les rapports sociaux gratuits, inutiles, auront tendance à se développer davantage. Certaines espèces tomberont même dans un grégarisme excessif, rappelons-nous les moutons de Panurge ou les poissons livrés à la destruction massive par leur organisation en bancs.

Doit-on, parmi ces espèces au grégarisme aberrant, classer l’homme lui-même? Il faudrait, pour répondre, savoir où nous mènent les Panurges dont nous sommes le troupeau, à quelles lois, sans le savoir, ils obéissent eux-mêmes. Mais savoir cela n’est pas entre nos mains. L’avenir, Sire, n’est à personne.

Aimé Michel

 

cormorans

Ces cormorans ont été photographiés sur l’île de Don Martin, au Pérou