Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

Souvenirs…

Marie-Thérèse de Brosses

Postface à L’Apocalypse molle, Éditions Aldane, 2008

 

Il est des rencontres qui, ouvrant de nouvelles perspectives, infléchissent le cours d’une vie. Sans Aimé Michel, serais-je «tombée dans la soucoupe»? Incontestablement, mais pas aussi jeune: il m’a fait gagner du temps et ce n’est pas tout ce dont je lui suis redevable. Tout de suite fascinée par celui qui résuma ainsi sa trajectoire: «Je n’ai jamais eu qu’une seule et unique passion: la pensée non humaine. Que peut être une pensée autre que la mienne? Toutes mes recherches et mes réflexions n’ont eu que ce seul objet.», je n’avais plus qu’à pister ses cogitations dont il était le moins avare du monde

C’est en inspectant les casiers de la bibliothèque familiale où étaient classés les livres jugés «pas pour les enfants» (un véritable miel pour la gamine mordue de lecture que j’étais) que je devais le découvrir, grâce à un livre au titre intriguant. D’énormes majuscules blanches, M. O. C.[1] m’interpellaient. Il fallait attraper le livre pour que la jaquette noire striée de lignes bleues consente à révéler la signification de ce sigle: Mystérieux Objets Célestes. Dévoré nuitamment en cachette et remis à sa place dans la journée, cet ouvrage constitua mon initiation au phénomène ovni. L’écheveau magique allait se dévider; l’auteur «interdit» me fit sur le champ m’abonner à Ouranos et découvrir «le Livre des Damnés» - mentionné dans la bibliographie mais quasiment inconnu à l’époque - puis, par la suite, tant d’autres ouvrages! Les libraires devraient être reconnaissants à l’ermite de Saint-Vincent les Forts pour la quantité phénoménale de livres que sa fréquentation conduisait à acheter. Dans la clandestinité, je commençai à me passionner pour un dossier et pour un auteur dont j’allais traquer les publications sur quelque sujet que ce fut - une quête pas toujours facile, son œuvre se trouvant souvent éparpillée au gré d’articles et de préfaces. Étrange que les éditeurs n’aient pas su exploiter une telle manne, d’autant que, indifférent aux idées reçues et aux diktats de la pensée unique, A. Michel distillait le fruit de ses réflexions avec une gouaille explosive et une sécrétion continue d’aphorismes aussi perturbants que des kōan.

Lire cet éveilleur, bénéficier de son érudition, de sa soif de ce qui peut donner du Sens et de tout ce qui, selon sa formule, «dépasse l’humain», suivre ses cheminements, c’est s’aventurer dans une forêt où l’écho du «point Oméga» rêvé par Teilhard de Chardin vibre de ses promesse d’une évolution collective offrant à l’homme les clés de l’Univers[2].

Au fil des années, mon envie d’échanger avec Michel ne fit que croître. Bizarrement, je ne lui écrivais pas. C’est à d’autres que j’adressais les questions qu’intérieurement je lui posais - je devais me rattraper par la suite, à partir du moment où je suis allée le voir pour la première fois en 1986[3]. Je n’aime pas forcer le destin. Il m’a toujours semblé que les événements importants surviennent lorsque leur temps est venu, un temps que nous ne maîtrisons pas et qu’il ne sert à rien de vouloir devancer. J’attendais. Je SAVAIS que je rencontrerais (cela ne m’a guère pris que vingt-huit ans!) celui qu’on surnommait — entre autres — Mic de la Pirandole[4], ce nouvel encyclopédiste dont les investigations portaient sur mes sujets de prédilection et dont l’acuité forçait l’esprit à sortir des sentiers balisés par le prêt à penser de l’époque et l’establishment scientifique.

Passionné d’ufologie, un de mes amis (il n’hésita pas, bien que haut magistrat, à témoigner des observations de PAN dont il fut gratifié) qui, comme moi, collectionnait les écrits d’Aimé Michel, ne partageait pas mes scrupules. Convaincu que le dossier ovni ne relevait ni de la gendarmerie ni de l’armée, ni des scientifiques et encore moins des ufologues insuffisamment formés mais devait être confié à des juges d’instruction, il était allé s’ouvrir à Michel de son dada et était revenu enthousiasmé:

— Ce petit homme est un Titan de la pensée. Tu dois absolument aller le voir. Il vit reclus dans un coin perdu des Alpes de Haute Provence et a horreur d’être envahi. Pas facile d’être considéré comme le «pape de la soucoupe» quand on veut se protéger des curieux, aussi faut-il montrer patte blanche avant d’être autorisé à venir. Du reste, il guette les importuns avec un fusil de chasse! Il m’a fait le coup alors que j’étais attendu… Il est convaincu que nous sommes au bord de percer l’énigme des ovnis. Il faut que tu le pousses dans ses derniers retranchements car j’ai bien peur qu’il ne décroche du sujet…

Sans savoir si «le coup du fusil» était authentique ou seulement une fleur de rhétorique, je restai sur ma ligne: ce n’était pas à moi de provoquer le moment d’une rencontre qui, j’en étais convaincue, se produirait de toutes façons. Avec sa fougue habituelle, son grand ami Rémy Chauvin[5] me houspillait:

— Trouvez un prétexte, bon sang! Vous partez aux quatre coins de la planète pour dénicher des chercheurs alors qu’il y a en France un type éblouissant et vous ne bougez pas! Du reste, vous n’avez pas besoin de prétexte, je lui ai souvent parlé de vous, il sait très bien qui vous êtes et vous vous entendrez formidablement. C’est quand même grâce à vous qu’il s’est livré à des parties de bataille navales psi par téléphone, une expérience qui ne s’oublie pas!

J’ouvre ici une parenthèse pour expliciter cette anecdote. Ayant rencontré, pour une affaire ovni particulièrement complexe, un radiesthésiste aux dons tout simplement stupéfiants et qui manifestait une large variété de phénomènes psi, j’avais suggéré à Rémy Chauvin et à Hans Bender, le grand parapsychologue allemand de se remettre en rapport avec lui. Policiers, gendarmes et pompiers de l’Ardèche connaissent fort bien ce radiesthésiste, Jean-Louis Crozier, et collaborent officiellement avec lui (d’habitude, lorsque les radiesthésistes se targuent de collaborer «officiellement» avec police ou gendarmerie, c’est inexact). Afin de tester ses facultés psi, Bender avait eu l’idée de lui proposer de se livrer à des batailles navales par téléphone. Homme de rigueur, il notait les résultats de chaque partie et n’en croyait pas ses yeux ou plutôt ses oreilles. À chaque tir - ou presque - annoncé par téléphone, Crozier coulait un bateau. Chauvin qui s’était également mis à la bataille navale psi ayant déclaré: «Si un prix Nobel de parapsychologie existait, je demanderais qu’il soit attribué à J.-L. Crozier», Aimé Michel ne tarda pas à se livrer à la même expérience dont il trouvait le protocole particulièrement savoureux.

Impossible pour moi d’aller voler le temps d’un homme que j’imaginais submergé de contacts, accablé de lectures, de correspondance et de solliciteurs. J’avais sous-estimé l’étendue de ces trois catégories: un rapide coup d’œil à l’intérieur de sa maison suffisait à l’évaluer. Partout des livres - classiques et modernes mélangés - hérissés de papiers. Des revues, principalement américaines, accumulées au hasard des meubles. Une impressionnante pile d’enveloppes timbrées - le courrier prêt à partir. Le téléphone, omniprésent, déchirait sans vergogne la quiétude du lieu: let it ring, let it ring répétait Michel avec un geste impatient de la main, comme pour chasser une mouche. Sa solitude était toute relative mais l’accumulation de livres et de disques attestait que ce repaire était celui d’un homme «sans divertissement».

L’occasion espérée se présenta des années plus tard, en 1986, lorsque les éditions Albin Michel rééditèrent «Métanoïa». Je dirigeais alors les «documents» de Paris-Match où, entre quelques grands reportages plus classiques, je pouvais tout à loisir creuser sur une trentaine de feuillets les sujets qui m’intéressaient et qu’à l’époque la grande presse ignorait: parapsychologie, ufologie, états modifiés de conscience, phénomènes physiques du mysticisme, médecines alternatives, mythes etc. En règle générale, la presse passe sous silence les rééditions ou ne leur consacre que quelques lignes mais je tenais à ce qu’Aimé Michel sorte du petit ghetto sélectif de ses aficionados pour le faire connaître à un plus vaste public. Seul A. Michel osait soutenir que plus on étudie les phénomènes du mysticisme («comprendre ces prodiges ferait faire un grand pas à la Science…»), plus on constate que leur production est conforme aux lois connues de l’instrument qui les produit, d’où la nécessité de les étudier - même si pour l’instant c’est impossible. Comme il devait me l’écrire: «Les mystiques sont une préfiguration de l’homme Futur (pas voué à manger du beefsteak): je ne suis pas sûr que la lignée humaine soit engagée dans le bon sens. Peut être l’homme est-il destiné à être remplacé par le plus doué…»[6]

C’était le moment ou jamais de lui consacrer un grand espace dans un grand media. Je téléphonai à son attachée de presse.

— Je suis heureuse de votre appel, me dit-elle d’emblée. Aimé Michel m’a précisé qu’il ne voulait rencontrer aucun journaliste mais il a ajouté: «sauf Marie-Thérèse de Brosses, et seulement si elle le souhaite car je ne veux pas que vous lui demandiez quoique ce soit.» Contrairement aux auteurs, il ne court pas après la presse, loin de là. Il apprécie beaucoup vos articles mais vous verrez, c’est un homme spécial: très secret, très modeste en dépit de tout ce qu’il a fait, et indifférent à la notoriété ou au succès de ses écrits.

Je ne suis pas convaincue de l’exactitude de ce dernier point: sous son ironie cinglante, je pense au contraire qu’A. Michel souffrait d’une non-reconnaissance pour ce qui ne relevait pas du domaine de l’ufologie. Comme il devait me le préciser ultérieurement: «Mes lecteurs, tout comme mes critiques ou mes éditeurs, ne sont pas encore nés. Tant que je fais dans la Soucoupe or so, on se m’arrache, je suis traduit dans toutes les langues, y compris le chinois et le japonais. Alors j’essaie d’en dire plus: c’est Métanoïa et je ne suis lu que par vous. J’ose une comparaison. Gilgamesh rentre au pays avec son herbe sous le bras, morte. Plantée parmi les salades du jardin ancestral, elle retourne à l’état de salade et de tisane.»[7]

Cette blessure, je ne m’en doutais pas le moins du monde lorsque que j’arrivai chez lui. Difficile d’oublier ce regard aigu, perçant, qui semblait voir au-delà des apparences et capter ce qui échappe aux «autres». Dans son visage buriné, un sourire chaleureux venait démentir l’expression presque impitoyable des yeux d’aigle profondément enfoncés dans les orbites et cillant peu. Claudiquant, il était venu m’accueillir à ma voiture. Nous sommes peut-être restés face à face une bonne minute sans nous dire un mot avant de nous débarrasser des banalités qui préludent au véritable échange. Son chat est venu se frotter à mes jambes.

— Il vous marque, c’est que vous lui plaisez. Bon signe! Welcome.

Toujours, ce mélange de français et d’anglais. Il lui arrivait souvent, m’expliqua-t-il, de penser, voire de rêver en anglais.

— Outre les anciens Grecs[8], y compris les archaïques où je trouve des tremplins pour décoller, c’est dans la littérature anglo-saxonne, la littérature scientifique veux-je dire, que je me nourris. Les Américains sont plus aventureux que les Français dans le domaine des idées. Il faut dire que ce n’est pas difficile!

Son rire, étonnamment jeune. L’aurais-je rencontré dans une rue sans savoir qui il était, que j’aurais tout de suite senti combien cet être sortait de l’ordinaire tant émanaient de lui une force, un rayonnement et un magnétisme peu communs.

Toute une journée à bâtons rompus où il me bombarda de questions et où je devais presque le forcer pour le ramener à notre sujet-prétexte[9], comme s’il avait hâte de passer à autre chose et de m’entendre (alors que j’étais venue l’écouter!). Ce livre, ce sujet (les phénomènes physiques du mysticisme), il s’en était éloigné:

— À l’époque, j’étais assez dogmatique et pas encore tout à fait dépêtré de la superstition scientiste. Drôle d’auteur! Cela dit, je me demande pourquoi cet auteur décida vers la même époque de vivre dans la solitude et même de ne plus rien écrire… Marc de Smedt[10] pourra vous confirmer qu’il n’avait - l’auteur - même plus envie de réédition et qu’il a fallu le bassiner deux ans pour lui tirer la signature du contrat. Il faut pour ça, ne pensez-vous pas? de fortes raisons. Ce qui est le cas. Après votre magistral article, on va voir s’il existe un public qui donne l’envie et le talent d’écrire la suite. J’espère bien que non, car la suite est déjà difficile à penser. Alors à écrire…[11]

Toujours curieux, mais d’une curiosité qui ne se suffisait pas en elle-même et lui permettait de penser plus loin:

— Ma formation, c’est ma curiosité. J’ai suivi ma curiosité comme le chasseur suit son chien, vers ces zones d’ombre où je pressentais que les réponses qu’on me donnait étaient fausses. Le plus sûr moyen de pénétrer dans ces ombres et d’y découvrir quelque chose, c’était de partir du connu. Je suis rationaliste mais il faut être fou pour dire que la raison contient les limites de ce qui est.

Aigu comme un laser. Charmeur, espiègle mais aussi, et sans transition, désenchanté. Presque mélancolique. Déçu par l’homme dont la prochaine transmutation à laquelle il croyait tardait tant pour rebondir vers d’autres espérances alors que tout lui semblait vain. (Il me semble significatif qu’A. Michel ait beaucoup plus écrit sur la psychologie animale que sur celle de ses congénères.) Loin de s’éparpiller comme le font les anomalistes, sa pensée paradoxale se vivifiait au contact des faits paradoxaux dont il s’efforçait de traquer le sens caché. Mais il s’en méfiait, et de plus en plus.

Évoquant Élisabeth de Ranfaing (surnommée «l’énergumène de Nancy») qui littéralement s’envolait pour se poser sur une corniche de chapelle et fut particulièrement étudiée par un historien, le Pr Delcandre:

— Ce chartiste s’est tellement passionné pour ce cas qu’il en était véritablement obsédé. D’après un de ses amis que j’ai bien connu, il en est littéralement devenu fou, ce qui confirme de façon inattendue la méfiance de l’Église: il ne faut pas s’occuper de ces phénomènes (lévitation, bilocation, hyperthermie…)[12]  car on peut en devenir fou.[13] Je le pense très sincèrement car aucune différence ne permet de séparer les phénomènes pour lesquels nous n’avons pas encore d’explication de ceux pour lesquels nous n’en aurons jamais… Le regard de la communauté scientifique est très raisonnable. Elle a une méthode qui consiste à aller du connu vers l’inconnu. Mais comme les savants n’ont pas de méthode pour étudier ces phénomènes, ils peuvent seulement constater et certifier qu’ils sont vrais (ou faux). Ce rôle de notaire ne correspond pas à la vocation du savant qui doit donner des explications et reproduire. Quand il ne le peut pas, il donne sa démission et regarde ailleurs… Il n’existe, à mon avis, aucun moyen pour étudier ces phénomènes et essayer de les comprendre. Le seul moyen serait de continuer la science telle qu’elle est et, un jour, dans X années, peut-être pourra-t-on y parvenir. Quand le cerveau de l’homme aura suffisamment évolué. Le corps humain est une espèce de trésor plein de possibilités qui ne sont pas encore exploitées. Je dois me résigner, je suis né trop tôt![14] Laissons le temps faire son œuvre; on verra où en sera la physique dans trois ou quatre cents ans. Je crois fermement que la science finira par réaliser tous les prodiges qui actuellement nous semblent impossibles.

«Laissons le temps» devenait un leitmotiv de cet homme qui ne se résignait pas à attendre et qui, peu avant sa disparition, se navrait de constater qu’après tant d’années passées à étudier le phénomène ovni, tout ce qu’il savait «pouvait tenir sur un timbre-poste».

Il est passé, quête inachevée (n’est-ce pas le propre d’une quête?), dotant ses lecteurs d’une certitude: il sera un jour possible à l’homme de sortir de la «Caverne». Je tiens à l’en remercier ici.

Marie-Thérèse de Brosses

Notes:

[1] Éditions Arthaud de 1958.

[2] Selon Teilhard de Chardin, les consciences individuelles s’uniront dans un futur proche et constitueront une entité psychique globale qui parviendra, notamment, à objectiver les désirs de l’humanité en les transcendant. Un peu de la même manière, Aimé Michel pensait que l’espèce humaine atteindra un niveau plus élevé de conscience spirituelle et de fonctionnement psychophysiologique et que cette évolution permettra, notamment, de comprendre le phénomène ovni et les prodiges des mystiques.

[3] Nous avons beaucoup échangé. Je lui téléphonais souvent, précédent mon appel d’un systématique «Est-ce que je vous dérange?» auquel il répondait tout aussi systématiquement: «Jamais!», pour une fois ajouter: «mais si tout le monde pouvait manifester la même courtoisie!». Certains de ses admirateurs devaient lui peser, lui qui avait pour amis des «pointures» de notre temps telles que Costa de Beauregard, Koestler, Chauvin, Abellio, Vallée, pour ne citer que des Français… Je conserve de lui une soixantaine de lettres où toujours le détachement alterne avec l’enthousiasme, le doute avec l’attente de la révélation ultime où l’évolution humaine nous conduira.

[4] Note pour l’éditeur; au «cazou»… ce n’est PAS une coquille.

[5] C’est du reste Rémy Chauvin qui m’apprit sa mort en 1992. Quelques jours plus tard, Chauvin me rappelait, bouleversé: Aimé Michel, avec lequel il s’était souvent entretenu des problèmes de la survie, s’était manifesté à lui en lui disant quelques mots. Il ne m’appartient pas de commenter et nul ne saurait dire s’il s’agissait bien d’une manifestation post-mortem ou d’un phénomène inconsciemment produit par le psychisme du biologiste dont il était l’intime.

[6] Lettre du 28 mars 1986

[7] Lettre du 7 août 1986.

[8] Qu’il lisait dans le texte.

[9] Recomposé en neuf pages publiées dans le Paris-Match du 18 avril 1986 sous le titre «Les dons étranges des mystiques» dont il me félicita à plusieurs reprises: «Tout l’essentiel est dit avec une merveilleuse simplicité. Je tiens à vous l’écrire: je n’ai jamais rien entendu de si limpide sur l’équivalence information/énergie. Vous n’avez éludé aucune difficulté…» (Lettre du 26 avril 1986)

[10] Son éditeur.

[11] Lettre du 4 mai 1986.

[12] Aimé Michel tenait le même langage à propos des ovnis. Il s’emportait presque à l’énoncé du seul mot «ufologie»; «Ce terme, quelle prétention! L’ufologie n’existe pas. Une science suppose un langage commun permettant aux connaissances de produire un effet cumulatif et une méthode. Or il n’y a pas méthode pour étudier les ovnis? Pour l’instant, les ovnis ne sont qu’une curiosité. Pas l’objet d’une science!»

[13] «Les mystiques sont tous merveilleusement abominables, sauf Marthe Robin dans sa jeunesse. Savez-vous que ce visage angélique portait la poisse? Il arrivait des tuiles à tous ses visiteurs. Elle les leur annonçait avec un sourire irrésistible, comme des preuves des bienfaits de ‘l’Hamour Divin’. C’est pourquoi, cinglé mais pas téméraire, je me suis abstenu de l’aller voir. Et je survis à cette diablesse.» (Lettre du 11 avril 89)

[14] «Certains problèmes (ovnis et le tutti, prodiges des mystiques etc.) font partie du domaine de l’inconnaissable. Ils le demeureront tant que le cerveau humain n’aura pas évolué pour devenir beaucoup plus complexe. C’est pourquoi, la soucoupe, je ne m’occupe pratiquement plus. Sur Ummo, je suis très réservé. «Leur» langage est indo-européen, comme celui d’Hélène Smith et de ses prétendus «Martiens». Et tout le reste… Jean-Pierre Petit y a trouvé des idées nouvelles, mais il en trouverait dans le marc de café… Ce qu’il y a d’extraordinaire et vraiment difficile à expliquer dans Ummo, c’est qu’après tant de temps on n’ait pas trouvé le moindre imposteur. Cela ressemble à Tlon de Borgès. La police de Franco avait pourtant cherché. C’est un tissu de banalités qui date déjà, comme vous le remarquez (Che, Gandhi, Marx!!!) mais monté par Dieu sait qui et avec quels moyens et dans quels buts… Très peu pour moi.» (Lettre du 22 novembre 1990).