Aimé Michel

Le premier mystère est: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?
Et le deuxième, aussi grand que le premier: pourquoi suis-je là en train de penser?

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La vieio qu’ero mouarto

Question De. No 15, 4e trimestre 1976
Qui me l’aurait dit si l’auteur lui-même ne me l’avait fait parvenir? Le plus merveilleux roman fantastique et philosophique dont un lecteur français puisse en ce moment se délecter est écrit en dialecte marseillais.
«Il n’y a de science qu’occulte», me disait, il y a quelques jours, un des plus grands mathématiciens de ce temps, signifiant par là que les grandes odyssées intérieures qui préludent à la découverte sont inexprimables. Le regard de l’âme qui considère l’inconnu est au-delà de tout langage. Lire l’article

La gloire en brouette

Chronique parue dans la revue Atlas Air France n° 73 de juillet 1972
Le premier avantage d’un tonneau, j’entends, quand on y vit, c’est de n’avoir pas de chambre d’amis: on peut donc les inviter impunément, ils ne viennent jamais. Lire l’article

Ponson du Terrail

Cinéma, télévision, édition, ou plutôt réédition: près d’un siècle après sa mort, Ponson du Terrail est redevenu l’un des premiers auteurs à succès de notre langue. C’est la gloire. Est-ce la justice? Non. Le vicomte Pierre-Alexis Ponson du Terrail reste ce qu’il fut en son temps, un méconnu. Aucun homme actuellement vivant n’a lu entièrement son œuvre. C’est que l’œuvre de l’auteur de Rocambole est très certainement l’une des trois ou quatre parmi les plus colossales créations littéraires de l’histoire. Lire l’article

Voltaire contemporain de l’ère cosmique

Après deux siècles, le nom de Voltaire éclate encore, accompagné d’une rumeur de querelles, de ricanements et d’imprécations. Il oblitère toute pensée objective. Nulle œuvre peut-être, dans l’histoire de la pensée occidentale, n’aurait gagné davantage à être perdue, puis partiellement retrouvée (et sans nom d’auteur), que celle de cet homme de bruit et de remue-ménage.

Mais nous n’avons pas le choix. La vie de Voltaire est connue au jour le jour, parfois heure par heure, grâce à ses lettres innombrables et au témoignage des contemporains. Ce qu’il a fait nous cache ce qu’il fut, et nous devons, pour l’atteindre dans sa solitude, lui imposer le traitement que suggérait un sage dont j’ai oublié le nom: «Tu ne connaîtras l’homme qu’en le pelant comme un oignon.» Lire l’article

Maeterlinck, oui, encore!

Écrivain belge d’expression française, «son inspiration unit le symbolisme au mysticisme» affirment les dictionnaires que nos enfants, en 1969, portent dans leur cartable. Et de citer les deux œuvres inévitables et illisibles, Pelléas et Mélisande et l’Oiseau bleu.

De la Grande Porte, du Temple enseveli, du Grand Secret, de l’Intelligence des fleurs, rien. Maeterlinck est, et semble, devoir rester longtemps encore le plus méconnu des écrivains du début du siècle. À la suite d’un article que j’avais écrit sur lui naguère, des lettres m’arrivèrent, étonnées: Quoi, Maeterlinck? Ce fabricant de fééries, cet obsédé de science méprisé des savants? On me citait des erreurs glanées dans divers de ses essais, et notamment dans la Vie de l’espace. Lire l’article